Hériter d’un cousin est à la fois rare et coûteux. Rare, parce qu’un cousin ne vient qu’après tous les autres héritiers ; coûteux, parce que le fisc ne lui accorde que l’abattement par défaut de 1 594 €, puis applique 55 % jusqu’au quatrième degré de parenté et 60 % au-delà. Sur 100 000 € reçus, un cousin germain doit 54 123 € de droits de succession en 2026.

Comment compte-t-on les degrés de parenté ?

Le degré mesure la distance généalogique. On remonte de génération en génération jusqu’à l’ancêtre commun aux deux personnes, puis on redescend jusqu’à l’autre : chaque génération franchie compte pour un degré. Un frère et une sœur ont un ancêtre commun immédiat, leurs parents : ils sont au deuxième degré. Deux cousins germains ont un grand-parent commun : deux générations en montant, deux en descendant, soit le quatrième degré.

Degré de parenté et taxation en 2026 (art. 777 et 788 IV du CGI)
Lien avec le défuntDegréAbattementTaux
Frère, sœur2ᵉ15 932 €35 % puis 45 %
Neveu, nièce, oncle, tante3ᵉ7 967 € pour le neveu ou la nièce55 %
Cousin germain, petit-neveu, grand-oncle4ᵉ1 594 €55 %
Enfant de cousin germain5ᵉ1 594 €60 %
Cousin issu de germain6ᵉ1 594 €60 %
Parent au-delà du 6ᵉ degré7ᵉ et plusNe peut pas hériter

Le seuil qui compte fiscalement est le quatrième degré : jusque-là inclus, le taux est de 55 % ; au-delà, il monte à 60 %, le même que pour un ami ou un concubin. Le barème complet est détaillé sur la page barème des droits de succession.

Combien reste-t-il après impôt ?

Le calcul est direct, sans tranches. Sur un héritage de 100 000 €, l’abattement de 1 594 € laisse 98 406 € imposables ; à 55 %, les droits s’élèvent à 54 123 €. En ajoutant environ 1 689 € de frais de notaire pour une succession comprenant un bien immobilier, hors débours, il reste de l’ordre de 44 188 €, soit un peu moins de la moitié.

Droits dus par un cousin selon le degré de parenté (barème 2026)
Part reçueBase taxableCousin germain (55 %)Parent au-delà du 4ᵉ degré (60 %)
50 000 €48 406 €26 623 €29 044 €
100 000 €98 406 €54 123 €59 044 €
200 000 €198 406 €109 123 €119 044 €

Quand l’héritage est principalement immobilier, ces montants posent un vrai problème de trésorerie, puisque les droits sont exigibles au dépôt de la déclaration de succession. Le guide payer les droits sans argent disponible fait le tour des solutions, et le simulateur chiffre votre situation.

Un cousin hérite-t-il vraiment ?

Seulement en dernier recours. La loi appelle d’abord les descendants, puis le conjoint survivant, puis les père et mère et les frères et sœurs du défunt, puis leurs enfants, les neveux et nièces. Ce n’est qu’en l’absence de tous ceux-là que la succession remonte vers les autres ascendants et redescend vers les collatéraux les plus proches, cousins compris. L’ordre complet est décrit dans succession sans enfant, et les régimes des parents intermédiaires dans droits de succession entre frères et sœurs et droits de succession des neveux et nièces.

C’est aussi pour cela qu’un notaire fait souvent appel à un généalogiste successoral quand les héritiers sont éloignés ou introuvables. Le professionnel reconstitue la famille, retrouve les héritiers et leur propose un contrat de révélation. Ses honoraires ne sont pas tarifés : ils se négocient et se calculent en général sur ce qui est effectivement recueilli. Lisez le contrat avant de le signer, et faites-le relire si le montant vous semble important.

Que se passe-t-il si personne n’hérite ?

La parenté successorale s’arrête au sixième degré : au-delà, un parent, si lointain soit-il, n’a plus vocation à la succession. Lorsqu’aucun héritier n’est connu, que tous ont renoncé, ou que personne n’a opté dans les six mois, la succession est déclarée vacante et le juge en confie la curatelle à l’État ; le service du Domaine inventorie, paie les dettes et liquide les biens.

Un héritier appelé peut d’ailleurs refuser : la renonciation se déclare au tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession ou devant notaire, et le renonçant est censé n’avoir jamais été héritier. C’est parfois la décision la plus sage lorsque l’actif est modeste et les droits élevés. Voir renoncer à une succession. Un conseiller peut chiffrer l’opération avant que le délai d’option ne soit consommé.

Vos questions les plus fréquentes

Combien paie un cousin germain sur un héritage ?
Un cousin germain est un parent au quatrième degré : il bénéficie de l’abattement par défaut de 1 594 € puis paie 55 % sur le reste (articles 788 IV et 777 du CGI). Sur un héritage de 100 000 €, cela représente 54 123 € de droits de succession.
Comment calcule-t-on un degré de parenté ?
On remonte de génération en génération jusqu’à l’ancêtre commun, puis on redescend jusqu’à l’autre personne, en comptant un degré par génération franchie. Un frère est au deuxième degré, un neveu ou un oncle au troisième, un cousin germain au quatrième, un cousin issu de germain au sixième.
Un cousin hérite-t-il automatiquement ?
Non. Il n’hérite qu’à défaut d’héritier plus proche : ni descendant, ni conjoint survivant, ni père ou mère, ni frère, sœur, neveu ou nièce. En pratique, la succession d’un cousin ne s’ouvre qu’au terme d’une recherche généalogique, parfois plusieurs mois après le décès.
Jusqu’à quel degré de parenté peut-on hériter ?
La parenté successorale s’arrête au sixième degré. Au-delà, plus personne n’hérite : la succession devient vacante et sa curatelle est confiée à l’État sur décision du juge. C’est également le cas si tous les héritiers renoncent ou si personne n’a opté dans les six mois.
Peut-on refuser un héritage de cousin trop taxé ?
Oui. La renonciation est toujours possible et se déclare au tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession ou devant notaire. Le renonçant est censé n’avoir jamais été héritier et n’est pas tenu des dettes. L’option se prescrit par dix ans, et nul ne peut être contraint d’opter avant quatre mois.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.