Quand une personne décède sans enfant, la loi déroule un ordre précis : le conjoint survivant d’abord, puis les père et mère et les frères et sœurs, puis les neveux et nièces, puis les collatéraux plus éloignés jusqu’au sixième degré, et enfin l’État. La facture fiscale varie énormément d’une configuration à l’autre : de 0 € pour un conjoint à 60 % pour un parent très éloigné, en passant par 35 % et 45 % pour un frère ou une sœur.
Qui hérite quand le défunt n’a pas d’enfant ?
Tout dépend d’abord de l’existence d’un conjoint marié. S’il y en a un, il prime largement : la loi lui attribue une part importante et écarte totalement les frères et sœurs lorsque les parents du défunt sont eux aussi décédés.
| Situation | Qui hérite et dans quelle proportion |
|---|---|
| Conjoint survivant, père et mère vivants | Moitié au conjoint, un quart à chaque parent |
| Conjoint survivant, un seul parent vivant | Trois quarts au conjoint, un quart au parent |
| Conjoint survivant, aucun parent vivant | Toute la succession au conjoint |
| Pas de conjoint : parents, frères et sœurs | Partage entre les père et mère survivants et les frères et sœurs, selon les règles du Code civil |
| Pas de conjoint ni de frère ou sœur vivant | Les neveux et nièces par représentation, puis les collatéraux jusqu’au sixième degré |
| Aucun héritier retrouvé | Succession vacante : curatelle confiée à l’État |
Le point qui provoque le plus de conflits est le troisième : lorsque le défunt marié n’a ni enfant ni parent vivant, ses frères et sœurs ne reçoivent rien, sous réserve du droit de retour sur certains biens de famille. Le détail des droits du conjoint figure dans le guide droits de succession du conjoint survivant.
Combien paie chaque héritier ?
L’impôt ne suit pas l’ordre de la dévolution mais le lien de parenté. Voici ce que chaque catégorie supporte en 2026 ; les abattements et le barème sont inchangés par la loi de finances pour 2026.
| Héritier | Abattement | Taux | Droits sur une part de 100 000 € |
|---|---|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire de PACS | Exonération totale | 0 % | 0 € |
| Père ou mère | 100 000 € | 5 % à 45 % | 0 € |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % puis 45 % | 35 388 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55 % | 50 618 € |
| Parent jusqu’au 4ᵉ degré (oncle, cousin germain) | 1 594 € | 55 % | 54 123 € |
| Parent au-delà du 4ᵉ degré, concubin, ami | 1 594 € | 60 % | 59 044 € |
Un exemple complet. Une personne célibataire sans enfant laisse un actif net de 200 000 €, dont un appartement, et deux frères. Chacun reçoit 100 000 € ; après l’abattement de 15 932 €, il reste 84 068 € imposables, taxés à 35 % jusqu’à 24 430 € puis à 45 %, soit 35 388 € de droits par frère, 70 775 € pour la famille. Il faut y ajouter environ 2 939 € de frais de notaire, hors débours. Le calcul détaillé est repris dans droits de succession entre frères et sœurs, et le simulateur permet de tester votre propre configuration.
Le testament change-t-il beaucoup de choses ?
Énormément, car sans descendant la liberté est large. S’il n’y a ni enfant ni conjoint, il n’existe aucune réserve héréditaire : la totalité du patrimoine peut être léguée à qui l’on veut, un neveu, un filleul, un ami, une association. S’il y a un conjoint survivant non divorcé et pas de descendant, sa réserve est du quart : les trois quarts restent disponibles.
Le testament ne change pas la fiscalité du légataire : un ami restera taxé à 60 % après 1 594 €. Il change en revanche l’identité de celui qui reçoit, ce qui est souvent l’essentiel quand la famille est éloignée. Voir quotité disponible et réserve héréditaire et le testament olographe. Pour transmettre à un neveu, l’assurance-vie est souvent plus efficace que le legs : voir droits de succession des neveux et nièces.
Et si aucun héritier n’est retrouvé ?
La parenté successorale s’arrête au sixième degré. Au-delà, plus personne n’hérite. Quand aucun héritier n’est connu, quand tous ont renoncé, ou quand personne n’a opté dans les six mois, la succession est déclarée vacante et le juge en confie la curatelle à l’État. Le service du Domaine prend alors la main pour inventorier les biens, payer les dettes et, le cas échéant, vendre. Les règles de recherche des cousins et des collatéraux éloignés sont détaillées dans héritage d’un cousin. Un conseiller peut vous aider à chiffrer, avant d’organiser quoi que ce soit, ce que coûterait chaque scénario.
Vos questions les plus fréquentes
Qui hérite d’une personne décédée sans enfant ?
Les frères et sœurs héritent-ils s’il y a un conjoint ?
Combien paient les frères et sœurs d’une personne sans enfant ?
Peut-on tout léguer à qui l’on veut quand on n’a pas d’enfant ?
Que devient une succession sans aucun héritier ?
Sources et textes officiels
- Service-public.gouv.fr : règles pour hériter, défunt sans enfant (F1632)
- Service-public.gouv.fr : droits de succession, abattements et barème (F14198)
- Articles 756 à 767 du Code civil, droits du conjoint successible (Légifrance)
- Articles 912 à 917 du Code civil, réserve héréditaire (Légifrance)
Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.