Quand une personne décède sans enfant, la loi déroule un ordre précis : le conjoint survivant d’abord, puis les père et mère et les frères et sœurs, puis les neveux et nièces, puis les collatéraux plus éloignés jusqu’au sixième degré, et enfin l’État. La facture fiscale varie énormément d’une configuration à l’autre : de 0 € pour un conjoint à 60 % pour un parent très éloigné, en passant par 35 % et 45 % pour un frère ou une sœur.

Qui hérite quand le défunt n’a pas d’enfant ?

Tout dépend d’abord de l’existence d’un conjoint marié. S’il y en a un, il prime largement : la loi lui attribue une part importante et écarte totalement les frères et sœurs lorsque les parents du défunt sont eux aussi décédés.

Dévolution légale en l’absence de descendant (art. 757-1 et 757-2 du Code civil)
SituationQui hérite et dans quelle proportion
Conjoint survivant, père et mère vivantsMoitié au conjoint, un quart à chaque parent
Conjoint survivant, un seul parent vivantTrois quarts au conjoint, un quart au parent
Conjoint survivant, aucun parent vivantToute la succession au conjoint
Pas de conjoint : parents, frères et sœursPartage entre les père et mère survivants et les frères et sœurs, selon les règles du Code civil
Pas de conjoint ni de frère ou sœur vivantLes neveux et nièces par représentation, puis les collatéraux jusqu’au sixième degré
Aucun héritier retrouvéSuccession vacante : curatelle confiée à l’État

Le point qui provoque le plus de conflits est le troisième : lorsque le défunt marié n’a ni enfant ni parent vivant, ses frères et sœurs ne reçoivent rien, sous réserve du droit de retour sur certains biens de famille. Le détail des droits du conjoint figure dans le guide droits de succession du conjoint survivant.

Combien paie chaque héritier ?

L’impôt ne suit pas l’ordre de la dévolution mais le lien de parenté. Voici ce que chaque catégorie supporte en 2026 ; les abattements et le barème sont inchangés par la loi de finances pour 2026.

Fiscalité de chaque héritier dans une succession sans enfant (art. 777, 779, 788 et 796-0 bis du CGI)
HéritierAbattementTauxDroits sur une part de 100 000 €
Conjoint marié ou partenaire de PACSExonération totale0 %0 €
Père ou mère100 000 €5 % à 45 %0 €
Frère ou sœur15 932 €35 % puis 45 %35 388 €
Neveu ou nièce7 967 €55 %50 618 €
Parent jusqu’au 4ᵉ degré (oncle, cousin germain)1 594 €55 %54 123 €
Parent au-delà du 4ᵉ degré, concubin, ami1 594 €60 %59 044 €

Un exemple complet. Une personne célibataire sans enfant laisse un actif net de 200 000 €, dont un appartement, et deux frères. Chacun reçoit 100 000 € ; après l’abattement de 15 932 €, il reste 84 068 € imposables, taxés à 35 % jusqu’à 24 430 € puis à 45 %, soit 35 388 € de droits par frère, 70 775 € pour la famille. Il faut y ajouter environ 2 939 € de frais de notaire, hors débours. Le calcul détaillé est repris dans droits de succession entre frères et sœurs, et le simulateur permet de tester votre propre configuration.

Le testament change-t-il beaucoup de choses ?

Énormément, car sans descendant la liberté est large. S’il n’y a ni enfant ni conjoint, il n’existe aucune réserve héréditaire : la totalité du patrimoine peut être léguée à qui l’on veut, un neveu, un filleul, un ami, une association. S’il y a un conjoint survivant non divorcé et pas de descendant, sa réserve est du quart : les trois quarts restent disponibles.

Le testament ne change pas la fiscalité du légataire : un ami restera taxé à 60 % après 1 594 €. Il change en revanche l’identité de celui qui reçoit, ce qui est souvent l’essentiel quand la famille est éloignée. Voir quotité disponible et réserve héréditaire et le testament olographe. Pour transmettre à un neveu, l’assurance-vie est souvent plus efficace que le legs : voir droits de succession des neveux et nièces.

Et si aucun héritier n’est retrouvé ?

La parenté successorale s’arrête au sixième degré. Au-delà, plus personne n’hérite. Quand aucun héritier n’est connu, quand tous ont renoncé, ou quand personne n’a opté dans les six mois, la succession est déclarée vacante et le juge en confie la curatelle à l’État. Le service du Domaine prend alors la main pour inventorier les biens, payer les dettes et, le cas échéant, vendre. Les règles de recherche des cousins et des collatéraux éloignés sont détaillées dans héritage d’un cousin. Un conseiller peut vous aider à chiffrer, avant d’organiser quoi que ce soit, ce que coûterait chaque scénario.

Vos questions les plus fréquentes

Qui hérite d’une personne décédée sans enfant ?
Le conjoint survivant d’abord, dont la part dépend de la présence des parents du défunt : la moitié si les deux parents sont vivants, les trois quarts s’il n’en reste qu’un, la totalité s’il n’y a ni père ni mère. En l’absence de conjoint, la succession revient aux parents et aux frères et sœurs, puis aux neveux et nièces, puis aux collatéraux plus éloignés.
Les frères et sœurs héritent-ils s’il y a un conjoint ?
Non, sauf droit de retour sur certains biens de famille. Quand le défunt n’a ni descendant ni père ni mère, l’article 757-2 du Code civil attribue toute la succession au conjoint survivant. Les frères et sœurs sont alors écartés, ce qui surprend souvent les familles.
Combien paient les frères et sœurs d’une personne sans enfant ?
Chacun bénéficie d’un abattement de 15 932 €, puis sa part est taxée à 35 % jusqu’à 24 430 € et à 45 % au-delà. Sur une part de 100 000 €, cela représente 35 388 € de droits. Une exonération totale existe pour le frère ou la sœur qui vivait avec le défunt et remplit les conditions de l’article 796-0 ter du CGI.
Peut-on tout léguer à qui l’on veut quand on n’a pas d’enfant ?
Oui si l’on n’a pas non plus de conjoint : sans descendant ni époux, il n’existe aucune réserve héréditaire et la totalité du patrimoine est disponible. Avec un conjoint survivant non divorcé et sans descendant, la réserve du conjoint est du quart et la quotité disponible des trois quarts.
Que devient une succession sans aucun héritier ?
Si aucun héritier n’est connu, si tous ont renoncé, ou si personne n’a opté dans les six mois, la succession est déclarée vacante et sa curatelle est confiée à l’État sur décision du juge. Le service du Domaine gère alors les biens et règle les dettes.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.