Devant l’impôt, le concubin est un étranger : il ne bénéficie que de l’abattement de 1 594 € prévu « à défaut d’autre abattement » et paie ensuite 60 % sur tout ce qu’il reçoit. Sur 100 000 € légués, cela fait 59 044 € de droits. Et encore faut-il qu’un testament existe : sans lui, le concubinage ne donne aucun droit sur la succession.

Combien paie exactement un concubin ?

Le calcul est simple, sans tranches : on retire 1 594 € de ce qui est reçu, puis on applique 60 % au solde. Ces montants sont inchangés en 2026.

Droits de succession d’un concubin légataire en 2026 (art. 777 et 788 du CGI)
Montant léguéBase taxableDroits à payerCe qui reste
50 000 €48 406 €29 044 €20 956 €
100 000 €98 406 €59 044 €40 956 €
150 000 €148 406 €89 044 €60 956 €
200 000 €198 406 €119 044 €80 956 €
300 000 €298 406 €179 044 €120 956 €

Un cas concret. Le défunt lègue à sa compagne la maison qu’ils occupaient, estimée 200 000 €. Elle doit 119 044 € de droits, auxquels s’ajoutent environ 2 939 € de frais de notaire (émoluments TTC et contribution de sécurité immobilière, hors débours). Sans épargne disponible, elle n’a d’autre choix que de vendre le bien qu’elle habite. Le détail du calcul des honoraires figure sur la page frais de notaire d’une succession ; le simulateur permet de tester d’autres montants.

Le concubin a-t-il des droits dans la succession ?

Aucun. Le Code civil ignore le concubinage : le survivant n’est pas héritier, ne peut pas réclamer de part, et ne dispose d’aucune protection sur le logement, contrairement à l’époux et, pour la première année, au partenaire de PACS. La succession revient aux enfants du défunt, ou à défaut à ses parents, à ses frères et sœurs et à leurs descendants. Le survivant peut donc se retrouver en indivision, ou dehors, selon qui possédait le logement. L’ordre légal complet est détaillé dans succession sans enfant.

Comment protéger son concubin ?

Le PACS d’abord. C’est le geste le plus efficace et le moins coûteux : le partenaire pacsé est totalement exonéré de droits de succession (art. 796-0 bis du CGI). Il faudra tout de même un testament pour qu’il reçoive quelque chose, car le PACS ne fait pas de lui un héritier : voir succession et PACS.

Le testament ensuite. Il permet de léguer au concubin la quotité disponible, c’est-à-dire la part qui n’est pas réservée aux enfants : la moitié avec un enfant, le tiers avec deux, le quart avec trois ou plus. Le legs reste taxé à 60 %, mais sans testament il n’y a tout simplement rien à transmettre. Voir quotité disponible et réserve héréditaire.

L’assurance-vie surtout. Les capitaux versés au bénéficiaire désigné sont hors succession. Pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 €, puis le prélèvement est de 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà (art. 990 I du CGI). Les mêmes 200 000 € transmis par un contrat alimenté avant 70 ans coûtent 9 500 € au lieu de 119 044 €. Les règles complètes, notamment le régime moins favorable des primes versées après 70 ans, sont dans le guide assurance-vie et succession.

On évoque parfois la clause de tontine, insérée dans l’acte d’achat, qui fait du survivant le propriétaire du bien depuis l’origine. C’est un mécanisme réel, mais son traitement fiscal dépend de la valeur du bien et de l’usage qui en est fait : il ne peut être arbitré qu’avec un notaire, au moment de l’achat, jamais après. Un conseiller peut comparer ces options chiffres en main avant de choisir.

Et le compte joint ?

La banque bloque les comptes dont le défunt était seul titulaire dès qu’elle a connaissance du décès. Les comptes joints, eux, ne sont pas bloqués : le survivant peut continuer à régler le loyer, les factures et les courses. C’est une respiration précieuse dans les premières semaines, mais il ne faut pas confondre l’accès au compte et la propriété des fonds. Ce qui revenait au défunt entre dans sa succession et devra être réglé avec les héritiers. Le fonctionnement des comptes après un décès est détaillé dans le déblocage des comptes bancaires, et le barème général sur la page barème des droits de succession.

Vos questions les plus fréquentes

Quel est le taux des droits de succession entre concubins ?
Le concubin est traité comme une personne sans lien de parenté : il bénéficie d’un abattement de 1 594 € puis paie 60 % sur tout le reste (articles 788 IV et 777 du CGI). Sur un legs de 100 000 €, cela représente 59 044 € de droits. Ce taux n’a pas été modifié par la loi de finances pour 2026.
Un concubin hérite-t-il sans testament ?
Non. Le concubinage ne crée aucun droit successoral : le survivant n’est pas héritier, même après trente ans de vie commune. Sans testament, la succession revient aux enfants du défunt, à défaut à ses parents, ses frères et sœurs, puis à ses cousins.
Le concubin peut-il rester dans le logement après le décès ?
La loi ne lui accorde ni le droit temporaire d’un an ni le droit viager d’habitation réservés à l’époux et, pour le premier, au partenaire de PACS. S’il n’est pas propriétaire du logement et qu’aucun testament ne le protège, les héritiers peuvent demander le partage et la vente.
Le compte joint est-il bloqué au décès du concubin ?
Non. La banque bloque les comptes dont le défunt était seul titulaire, mais pas les comptes joints, que le survivant peut continuer d’utiliser. Attention toutefois : pouvoir utiliser le compte ne signifie pas être propriétaire des fonds. La part qui revenait au défunt entre dans sa succession et devra être réglée avec les héritiers.
Comment réduire les droits de succession de son concubin ?
Trois leviers existent. Se pacser supprime totalement les droits. Un testament permet de lui léguer la quotité disponible, même s’il restera taxé à 60 %. Une assurance-vie alimentée avant 70 ans lui transmet jusqu’à 152 500 € sans prélèvement, puis à 20 % : c’est de loin l’outil le plus efficace pour un couple non pacsé.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.