L’abattement est la part d’héritage qui échappe à l’impôt avant même que le barème s’applique. En 2026, il vaut 100 000 € pour chaque enfant et chaque parent du défunt, 15 932 € pour un frère ou une sœur, 7 967 € pour un neveu ou une nièce et 1 594 € pour toute autre personne. Le conjoint marié et le partenaire de PACS n’ont besoin d’aucun abattement : ils sont exonérés de droits de succession. Ces montants figurent aux articles 779 et 788 du code général des impôts ; la loi de finances pour 2026 ne les a pas revalorisés.
Quel abattement selon le lien de parenté ?
L’abattement se lit sur une seule ligne : celle de votre lien avec la personne décédée. Il ne dépend ni de votre âge, ni de vos revenus, ni de la nature des biens reçus. Un abattement de parenté ne se cumule jamais avec celui de 1 594 €, qui ne joue qu’« à défaut d’autre abattement ».
| Héritier | Abattement | Base légale |
|---|---|---|
| Enfant, vivant ou représenté | 100 000 € | art. 779 I |
| Père, mère, grand-parent (ascendant) | 100 000 € | art. 779 I |
| Petit-enfant dont le parent est vivant et acceptant | 1 594 € | art. 788 IV |
| Petit-enfant venant en représentation | Part des 100 000 € du parent représenté | art. 779 I al. 2 |
| Frère ou sœur, vivant ou représenté | 15 932 € | art. 779 IV |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | art. 779 V |
| Personne handicapée, quel que soit le lien | 159 325 € cumulables | art. 779 II |
| Concubin, cousin, ami, enfant du conjoint non adopté | 1 594 € | art. 788 IV |
| Conjoint marié, partenaire de PACS | Exonération totale | art. 796-0 bis |
Le passage de 100 000 € à 15 932 € entre un enfant et un frère explique l’essentiel des écarts que l’on observe d’une succession à l’autre. Nous détaillons ce que cela donne en euros dans le guide sur une succession de 100 000 € : l’enfant unique n’y paie rien, le frère 35 388 €.
L’abattement s’applique-t-il par héritier ou à toute la succession ?
Par héritier, sur sa part nette. C’est la règle la plus rentable et la plus mal connue : plus les héritiers sont nombreux, plus le total des abattements est élevé et plus chaque part entre bas dans le barème. Sur une succession de 300 000 € recueillie par un enfant unique, la part taxable est de 200 000 € et les droits atteignent 38 194 €. La même succession partagée entre deux enfants donne deux parts de 150 000 €, deux abattements de 100 000 €, donc 50 000 € taxables chacun et 8 194 € de droits par enfant, soit 16 389 € au total. Le détail figure dans le guide frais de succession sur 300 000 €.
Trois enfants sur cette même succession se partagent 100 000 € chacun : personne ne paie de droits. L’abattement inutilisé, en revanche, est perdu ; il ne se transmet ni à un frère, ni à une succession suivante.
L’abattement handicap se cumule-t-il avec celui du lien ?
Oui, et c’est le seul cumul prévu par la loi. L’article 779 II du CGI accorde 159 325 € supplémentaires à l’héritier atteint d’une infirmité qui l’empêche de travailler dans des conditions normales de rentabilité, quel que soit son lien avec le défunt. Un enfant concerné cumule donc 259 325 €, un frère ou une sœur 175 257 €, un neveu 167 292 €.
| Héritier | Abattement total | Part taxable | Droits |
|---|---|---|---|
| Enfant | 100 000 € | 200 000 € | 38 194 € |
| Enfant en situation de handicap | 259 325 € | 40 675 € | 6 329 € |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 284 068 € | 125 388 € |
| Frère ou sœur en situation de handicap | 175 257 € | 124 743 € | 53 691 € |
Les conditions de preuve et les pièces à fournir sont détaillées dans le guide abattement handicap et succession. À côté de ce cumul, la fiche officielle mentionne aussi une réduction de droits d’au plus 305 € pour les mutilés de guerre dont l’invalidité atteint au moins 50 %.
Les donations reçues du défunt entament-elles l’abattement ?
Oui, si elles datent de moins de quinze ans. L’article 784 du CGI ajoute ces donations à la part successorale pour calculer l’abattement et le barème : l’abattement déjà consommé n’est plus disponible, et la part reçue au décès est imposée dans les tranches supérieures. Un enfant unique qui a reçu 50 000 € huit ans avant le décès ne dispose plus que de 50 000 € d’abattement : sur une succession de 300 000 €, sa part taxable passe à 250 000 € et ses droits de 38 194 € à 48 194 €.
Passé quinze ans, la donation n’est plus rappelée et l’abattement redevient entier. C’est le mécanisme expliqué dans le rappel fiscal des donations, et la raison pour laquelle donner de son vivant reste le levier le plus efficace quand on s’y prend tôt. Pour tester votre propre situation avec vos montants, le simulateur de droits de succession intègre le rappel des donations.
Les petits-enfants ont-ils un abattement propre ?
Non. Tant que leur parent est vivant et accepte la succession, les petits-enfants n’héritent pas et, s’ils reçoivent quelque chose par testament, ils relèvent de l’abattement par défaut de 1 594 € de l’article 788 IV. La situation change en cas de représentation : si leur parent est prédécédé ou renonce, ils se partagent les 100 000 € de ce parent et bénéficient du barème de la ligne directe. Le partage suit la dévolution légale, et si la fraction obtenue est inférieure à 1 594 €, c’est ce dernier montant qui s’applique à chacun. Le guide droits de succession des petits-enfants reprend ces cas un par un.
Une confusion mérite d’être levée : les abattements de donation ne s’appliquent pas en succession. Les 31 865 € souvent cités correspondent au don familial de sommes d’argent de l’article 790 G du CGI, réservé aux donations d’un donateur de moins de 80 ans à un donataire majeur.
Que se passe-t-il au-delà de l’abattement ?
La fraction qui dépasse l’abattement devient la part nette taxable, à laquelle s’applique le barème de l’article 777 du CGI : de 5 % à 45 % en ligne directe, 35 % puis 45 % entre frères et sœurs, 55 % pour un neveu, 60 % pour un non-parent. Les tranches complètes figurent sur la page barème des droits de succession, et le calcul pas à pas entre parents et enfants dans le guide droits de succession en ligne directe.
Abattement, exonération, décote : quelle différence ?
L’abattement retranche une somme de la part taxable. L’exonération, elle, supprime l’impôt sur tout ou partie des biens, indépendamment du montant reçu : c’est le cas du conjoint et du partenaire de PACS, ou du frère qui vivait sous le même toit dans les conditions de l’article 796-0 ter. Une troisième mécanique agit encore en amont, sur la valeur du bien : la résidence principale du défunt est retenue pour 80 % de sa valeur vénale lorsque le conjoint survivant ou un enfant mineur y habite (art. 764 bis). Voir toutes les exonérations de droits de succession et l’abattement de 20 % sur la résidence principale. Un conseiller peut vérifier lesquels de ces mécanismes s’appliquent à votre dossier avant le dépôt de la déclaration.
Vos questions les plus fréquentes
Quel est l’abattement sur une succession en 2026 ?
L’abattement de 100 000 € est-il par enfant ou pour toute la succession ?
L’abattement handicap se cumule-t-il avec l’abattement du lien de parenté ?
Une donation reçue il y a dix ans réduit-elle mon abattement ?
Un petit-enfant a-t-il droit à 31 865 € d’abattement sur un héritage ?
Que se passe-t-il si l’abattement dépasse la part reçue ?
Sources et textes officiels
- Article 779 du CGI, abattements (Légifrance)
- Article 788 du CGI, abattement de 1 594 € (Légifrance)
- service-public.gouv.fr : droits de succession, abattements et barème
- service-public.gouv.fr : droits de succession, quel montant en 2026 ?
Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.