Une succession de 100 000 € se situe pile au niveau de l’abattement d’un enfant : un enfant unique ne paie donc aucun droit de succession, et deux ou trois enfants non plus. Un frère ou une sœur, en revanche, ne dispose que de 15 932 € d’abattement et acquitte 35 388 € ; un neveu paie 50 618 € et un concubin 59 044 €. Le seul coût certain dans tous les cas est celui du notaire, de l’ordre de 744 € sans immeuble et d’environ 1 689 € si l’actif est entièrement immobilier.

Combien paie chaque héritier sur une succession de 100 000 € ?

Le tableau ci-dessous part d’un actif net de 100 000 €, sans donation antérieure. Les droits sont calculés part par part : on divise l’actif, on retranche l’abattement propre à chaque héritier, puis on applique le barème de l’article 777 du CGI.

Droits de succession sur un actif net de 100 000 € selon le lien de parenté (barème et abattements 2026)
Héritier(s)Part reçueAbattementPart taxableDroits par héritierDroits au total
Enfant unique100 000 €100 000 €0 €0 €0 €
2 enfants50 000 €100 000 €0 €0 €0 €
3 enfants33 333 €100 000 €0 €0 €0 €
Conjoint marié ou partenaire de PACS100 000 €Exonéré0 €0 €0 €
Frère ou sœur100 000 €15 932 €84 068 €35 388 €35 388 €
Neveu ou nièce100 000 €7 967 €92 033 €50 618 €50 618 €
Concubin, ami, cousin100 000 €1 594 €98 406 €59 044 €59 044 €

Pourquoi un enfant ne paie rien et un frère 35 388 € ?

Parce que deux paramètres changent en même temps. L’abattement passe de 100 000 € à 15 932 €, ce qui laisse 84 068 € imposables au lieu de rien. Et le barème n’est pas le même : entre frères et sœurs, il n’y a pas de tranche à 5 % ni à 20 %, mais 35 % jusqu’à 24 430 € puis 45 % au-delà. Sur 84 068 € de part taxable, cela donne 35 388 €, soit plus du tiers de l’héritage. Pour un neveu, la part est taxée à 55 % en une seule tranche ; pour un concubin, à 60 %. Les détails de ces situations sont dans les guides droits de succession entre frère et sœur, neveu et nièce et concubin.

Un frère ou une sœur peut échapper entièrement à l’impôt s’il remplit les trois conditions cumulatives de l’article 796-0 ter du CGI : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps, avoir plus de 50 ans ou une infirmité l’empêchant de travailler, et avoir vécu constamment avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès. Voir toutes les exonérations possibles.

Combien coûte le notaire sur une succession de 100 000 € ?

Les émoluments du notaire sont tarifés et ne dépendent ni du lien de parenté ni de l’étude choisie. Ils dépendent en revanche de la présence d’un bien immobilier, qui déclenche une attestation de propriété et la contribution de sécurité immobilière.

Frais de notaire estimés sur une succession de 100 000 € (tarif du 28 février 2020 prorogé jusqu’au 29 février 2028, TVA 20 %, hors débours)
ActeSans immeubleActif entièrement immobilier
Acte de notoriété (art. A444-66 C. com.)67,92 € TTC67,92 € TTC
Déclaration de succession (art. A444-63)676,29 € TTC676,29 € TTC
Attestation de propriété immobilière (art. A444-59)sans objet845,14 € TTC
Contribution de sécurité immobilière (0,10 %)sans objet100,00 €
Total estimé, hors débours≈ 744 €≈ 1 689 €

S’y ajoutent les débours, c’est-à-dire les sommes que le notaire avance pour votre compte : états civils, interrogation du fichier des dernières volontés, publicité foncière. Ils sont variables et ne font l’objet d’aucun tarif, il ne faut donc pas se fier aux fourchettes que l’on lit ailleurs. Si la succession ne comporte aucun immeuble, notre guide frais de notaire sans bien immobilier détaille les cas où l’acte notarié n’est même pas indispensable.

La déclaration de succession est-elle obligatoire à ce niveau ?

Oui. L’article 800 du CGI dispense de déclaration les successions dont l’actif brut est inférieur à 50 000 € pour les héritiers en ligne directe, le conjoint survivant et le partenaire de PACS, à condition qu’aucune donation ou don manuel non enregistré n’ait été reçu du défunt ; le seuil descend à 3 000 € pour les autres héritiers. À 100 000 €, la déclaration est due, même si aucun droit n’est à payer. Le délai est de six mois à compter du décès en France métropolitaine, douze mois pour un décès survenu à l’étranger. Voir la déclaration de succession pas à pas.

Côté banque, l’établissement peut débloquer jusqu’à 5 965 € pour régler les frais d’obsèques depuis le 1er janvier 2026, et ses frais de traitement de la succession sont plafonnés à 1 % des avoirs et 857 €.

Et si la succession dépasse un peu 100 000 € ?

Le passage n’a rien de brutal, parce que le barème commence à 5 %. Un enfant unique paie 596 € de droits sur une part de 110 000 €, 3 194 € sur 125 000 € et 8 194 € sur 150 000 €. C’est au-delà que la tranche à 20 % prend le dessus : voir les guides succession de 200 000 € et succession de 300 000 €. Le mécanisme complet des abattements est repris dans le tableau des abattements 2026, et les tranches sur la page barème des droits de succession. Pour un chiffre adapté à votre situation, le simulateur reprend exactement la même méthode de calcul.

Vos questions les plus fréquentes

Combien de droits de succession sur 100 000 € pour un enfant ?
Zéro. L’abattement de l’article 779 I du CGI est précisément de 100 000 € par enfant : une part de 100 000 € est intégralement absorbée et aucun droit n’est dû. Restent les frais de notaire, de l’ordre de 744 € si la succession ne comporte pas d’immeuble.
Et si c’est un frère ou une sœur qui hérite de 100 000 € ?
L’abattement tombe à 15 932 € et le barème passe à 35 % puis 45 %. La part nette taxable est de 84 068 € et les droits atteignent 35 388 €. Un neveu paie 50 618 €, un concubin 59 044 €.
Faut-il déposer une déclaration de succession pour 100 000 € ?
Oui. La dispense de l’article 800 du CGI ne joue que sous 50 000 € d’actif brut en ligne directe, et sous 3 000 € pour les autres héritiers. À 100 000 €, la déclaration est due dans les six mois du décès survenu en France métropolitaine.
Deux enfants qui héritent de 100 000 € paient-ils quelque chose ?
Non. Chacun reçoit 50 000 €, chacun dispose de 100 000 € d’abattement : la part taxable est nulle pour l’un comme pour l’autre. L’abattement inutilisé n’est ni reporté ni remboursé.
À partir de quel montant un enfant commence-t-il à payer ?
Dès le premier euro au-dessus de 100 000 € de part nette, mais l’addition démarre doucement : 596 € de droits sur une part de 110 000 €, 3 194 € sur 125 000 €, 8 194 € sur 150 000 €. La tranche à 5 % ne concerne que les 8 072 premiers euros taxables.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.