Sur une succession de 300 000 €, un enfant unique paie 38 194 € de droits, deux enfants 8 194 € chacun soit 16 389 € à eux deux, et trois enfants ne paient rien du tout. Le conjoint survivant est exonéré. Un frère ou une sœur acquitte 125 388 €. À cela s’ajoutent les frais de notaire, environ 4 189 € si tout l’actif est immobilier. C’est le palier où le nombre d’héritiers et l’historique des donations pèsent le plus lourd.
Combien paie chaque héritier sur 300 000 € ?
Le calcul se fait toujours part par part : division de l’actif net, abattement propre à chaque héritier, puis barème de l’article 777 du CGI sur ce qui reste.
| Héritier(s) | Part reçue | Part taxable | Droits par héritier | Droits au total |
|---|---|---|---|---|
| Enfant unique | 300 000 € | 200 000 € | 38 194 € | 38 194 € |
| 2 enfants | 150 000 € | 50 000 € | 8 194 € | 16 389 € |
| 3 enfants | 100 000 € | 0 € | 0 € | 0 € |
| Conjoint marié ou partenaire de PACS | 300 000 € | Exonéré | 0 € | 0 € |
| Frère ou sœur | 300 000 € | 284 068 € | 125 388 € | 125 388 € |
| Neveu ou nièce | 300 000 € | 292 033 € | 160 618 € | 160 618 € |
| Concubin, ami, cousin | 300 000 € | 298 406 € | 179 044 € | 179 044 € |
Un enfant ou deux enfants : pourquoi l’écart est-il si important ?
Parce que le second enfant apporte deux avantages à la fois. Il ajoute un abattement de 100 000 €, et il fait redescendre chaque part dans les tranches basses du barème. L’enfant unique voit 200 000 € passer au barème, dont 184 068 € dans la tranche à 20 % ; chacun des deux enfants n’expose que 50 000 €, dont 34 068 € à 20 %. Le total familial tombe de 38 194 € à 16 389 €, soit 57 % de moins. Avec trois enfants, chaque part de 100 000 € est intégralement absorbée par l’abattement et la succession ne coûte plus que les frais d’acte. Le déroulé complet du calcul figure dans droits de succession en ligne directe.
Ce raisonnement suppose un partage égal. Un testament qui avantage un enfant dans la limite de la quotité disponible déplace la charge fiscale vers celui qui reçoit le plus.
Les donations reçues avant le décès changent-elles le résultat ?
Oui, et c’est le point que l’on oublie le plus souvent à ce niveau de patrimoine. L’article 784 du CGI rappelle les donations consenties par le défunt depuis moins de quinze ans : l’abattement qu’elles ont déjà consommé n’est plus disponible au décès. Passé quinze ans, la donation n’est plus rappelée et l’abattement redevient entier.
| Situation | Abattement restant | Droits par enfant | Droits au total |
|---|---|---|---|
| Enfant unique, aucune donation | 100 000 € | 38 194 € | 38 194 € |
| Enfant unique, donation de 50 000 € il y a 8 ans | 50 000 € | 48 194 € | 48 194 € |
| Enfant unique, donation de 100 000 € il y a 8 ans | 0 € | 58 194 € | 58 194 € |
| 2 enfants, aucune donation | 100 000 € | 8 194 € | 16 389 € |
| 2 enfants, 50 000 € donnés à chacun il y a 8 ans | 50 000 € | 18 194 € | 36 389 € |
| 2 enfants, 100 000 € donnés à chacun il y a 8 ans | 0 € | 28 194 € | 56 389 € |
La lecture est contre-intuitive : la donation n’a pas coûté plus cher, elle a simplement été payée plus tôt, et l’abattement ne se reconstitue qu’au bout de quinze ans. C’est pourquoi une transmission anticipée n’a d’intérêt fiscal que si elle laisse le temps au compteur de se remettre à zéro. Le détail du mécanisme est dans le rappel fiscal des quinze ans, et les façons d’en tirer parti dans donner de son vivant pour réduire la succession.
Combien coûte le notaire sur 300 000 € ?
Les émoluments sont fixés par arrêté et identiques quelle que soit l’étude. Seule la composition de l’actif les fait varier : un immeuble impose une attestation de propriété et la contribution de sécurité immobilière de 0,10 %.
| Acte | Sans immeuble | Actif entièrement immobilier |
|---|---|---|
| Acte de notoriété | 67,92 € TTC | 67,92 € TTC |
| Déclaration de succession | 1 698,69 € TTC | 1 698,69 € TTC |
| Attestation de propriété immobilière | sans objet | 2 121,93 € TTC |
| Contribution de sécurité immobilière | sans objet | 300,00 € |
| Total estimé, hors débours | ≈ 1 767 € | ≈ 4 189 € |
En additionnant droits et frais d’acte pour un actif immobilier, un enfant unique supporte environ 42 400 €, soit 14 % de ce qu’il reçoit ; deux enfants environ 20 600 € à eux deux, soit 6,9 % ; un frère environ 129 600 €, soit 43 %. Les débours s’ajoutent et ne sont pas tarifés.
Comment payer quand l’héritage est une maison ?
C’est la difficulté la plus fréquente à ce palier : les droits sont exigibles au dépôt de la déclaration, dans les six mois du décès en métropole, alors que le bien n’est pas encore vendu. L’administration admet des demandes de paiement fractionné ou différé, moyennant un intérêt ; elles se préparent avec le notaire avant l’échéance, jamais après. Voir payer les droits en plusieurs fois.
Pour comparer les paliers, voyez une succession de 200 000 € et une succession de 500 000 €. Le tableau complet des abattements est dans abattement succession 2026, les tranches sur la page barème des droits de succession, et vos propres montants dans le simulateur. Un conseiller peut chiffrer l’effet des donations déjà consenties.
Vos questions les plus fréquentes
Combien de droits de succession sur 300 000 € pour un enfant unique ?
Et pour deux enfants ?
Y a-t-il une exonération de droits de succession jusqu’à 300 000 € ?
Une donation reçue il y a moins de quinze ans augmente-t-elle les droits ?
Quels sont les frais de notaire pour une succession de 300 000 € ?
Comment payer les droits si l’héritage est constitué d’une maison ?
Sources et textes officiels
- Article 777 du CGI, barème (Légifrance)
- Article 784 du CGI, rappel fiscal des donations (Légifrance)
- service-public.gouv.fr : droits de succession, abattements et barème
- service-public.gouv.fr : frais de notaire pour une succession
Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.