En ligne directe, c’est-à-dire entre parents et enfants, chaque héritier retranche 100 000 € de sa part puis applique au reste le barème progressif de l’article 777 du CGI, qui va de 5 % à 45 %. Concrètement, un enfant qui reçoit 150 000 € paie 8 194 € de droits, un enfant qui reçoit 300 000 € en paie 38 194 €, et un enfant qui reçoit 500 000 € en paie 78 194 €. Ni l’abattement ni le barème n’ont été modifiés par la loi de finances pour 2026.
Qui est concerné par la ligne directe ?
La ligne directe relie les générations entre elles : le défunt et ses enfants, mais aussi le défunt et ses père et mère lorsque ce sont eux qui héritent, ou ses grands-parents. Les petits-enfants n’y entrent que s’ils viennent en représentation d’un parent prédécédé ou renonçant ; ils prennent alors la place de ce parent, avec sa part d’abattement et son barème. Les enfants adoptés en la forme plénière sont traités comme les enfants du sang.
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS ne relèvent pas de cette catégorie, mais la question ne se pose pas : ils sont totalement exonérés de droits de succession par l’article 796-0 bis du CGI. Les frères, sœurs, neveux et concubins relèvent d’abattements et de taux bien moins favorables, récapitulés dans le tableau des abattements 2026.
Comment se calculent les droits, étape par étape ?
Le calcul suit toujours le même enchaînement : on établit l’actif net, on le divise en parts, on retranche l’abattement de chaque part, puis on applique le barème à ce qui reste. L’ordre compte : le barème ne s’applique jamais à l’actif global, seulement à la part nette taxable de chaque héritier.
Prenons une succession de 300 000 € d’actif net recueillie par deux enfants, sans donation antérieure.
| Étape | Détail | Montant |
|---|---|---|
| 1. Actif net taxable | Actif brut moins les dettes déductibles | 300 000 € |
| 2. Part de chaque enfant | 300 000 € ÷ 2 | 150 000 € |
| 3. Abattement | art. 779 I | 100 000 € |
| 4. Part nette taxable | 150 000 € moins 100 000 € | 50 000 € |
| 5a. Tranche à 5 % | jusqu’à 8 072 € | 403,60 € |
| 5b. Tranche à 10 % | de 8 072 € à 12 109 € | 403,70 € |
| 5c. Tranche à 15 % | de 12 109 € à 15 932 € | 573,45 € |
| 5d. Tranche à 20 % | de 15 932 € à 50 000 € | 6 813,60 € |
| 6. Droits dus par cet enfant | somme des tranches | 8 194 € |
Les deux enfants paient donc 16 389 € à eux deux. Le même patrimoine recueilli par un enfant unique laisse 200 000 € taxables et 38 194 € de droits : plus du double. Les tranches complètes, y compris celles à 30 %, 40 % et 45 %, sont détaillées sur la page barème des droits de succession.
Un raccourci utile : les cumuls de tranche
Refaire les quatre premières tranches à chaque calcul est fastidieux. On peut retenir les cumuls correspondants : 403,60 € de droits au sommet de la tranche à 5 % (8 072 €), 807,30 € au sommet de la tranche à 10 % (12 109 €), 1 380,75 € au sommet de la tranche à 15 % (15 932 €), et 108 659,15 € au sommet de la tranche à 20 % (552 324 €). Pour une part nette taxable comprise entre 15 932 € et 552 324 €, les droits valent donc 1 380,75 € plus 20 % de ce qui dépasse 15 932 €.
Combien paie un enfant selon la part qu’il reçoit ?
Le tableau suivant donne directement les droits dus par un enfant, avant tout frais de notaire, pour une part reçue en pleine propriété et sans donation antérieure.
| Part reçue | Part nette taxable | Droits dus | Taux effectif |
|---|---|---|---|
| 100 000 € | 0 € | 0 € | 0 % |
| 110 000 € | 10 000 € | 596 € | 0,5 % |
| 125 000 € | 25 000 € | 3 194 € | 2,6 % |
| 150 000 € | 50 000 € | 8 194 € | 5,5 % |
| 200 000 € | 100 000 € | 18 194 € | 9,1 % |
| 250 000 € | 150 000 € | 28 194 € | 11,3 % |
| 300 000 € | 200 000 € | 38 194 € | 12,7 % |
| 500 000 € | 400 000 € | 78 194 € | 15,6 % |
| 652 324 € | 552 324 € | 108 659 € | 16,7 % |
| 1 000 000 € | 900 000 € | 212 962 € | 21,3 % |
On voit que le taux réellement supporté reste très éloigné du taux marginal : même sur un million d’euros, l’enfant unique acquitte un peu plus d’un cinquième de ce qu’il reçoit. Les cas complets sont traités dans les guides 200 000 €, 500 000 € et 1 million d’euros, frais de notaire compris.
Pourquoi le nombre d’enfants change-t-il autant le résultat ?
Parce que l’abattement et la progressivité jouent deux fois. Chaque enfant supplémentaire ajoute 100 000 € d’abattement, et il fait redescendre chaque part dans les tranches basses du barème. Sur une succession de 500 000 €, un enfant unique paie 78 194 € ; deux enfants paient 28 194 € chacun, soit 56 389 € ; trois enfants 11 528 € chacun, soit 34 583 €. La composition de la famille, la représentation d’un enfant prédécédé et la réserve héréditaire pèsent donc autant que la valeur du patrimoine.
Ce qui vient modifier ce calcul de base
Trois éléments reviennent presque toujours. Les donations consenties par le défunt depuis moins de quinze ans s’imputent sur l’abattement et poussent la part dans les tranches supérieures (le rappel fiscal des quinze ans). La résidence principale du défunt n’est retenue que pour 80 % de sa valeur lorsque le conjoint survivant ou un enfant mineur y habite (art. 764 bis). Enfin, les capitaux d’assurance-vie suivent des règles propres et ne sont pas ajoutés à la part successorale. Les droits calculés se règlent au dépôt de la déclaration de succession, dans les six mois du décès en France métropolitaine. Pour obtenir un chiffre avec vos propres montants, passez par le simulateur ; un conseiller peut ensuite vérifier le résultat avant le dépôt.
Vos questions les plus fréquentes
Qu’appelle-t-on une succession en ligne directe ?
Combien un enfant paie-t-il de droits de succession ?
Le taux de 45 % s’applique-t-il à tout mon héritage ?
Les droits se calculent-ils sur toute la succession ou sur ma part ?
Les parents paient-ils des droits sur la succession de leur enfant ?
Qui paie les droits de succession en pratique ?
Sources et textes officiels
- Article 777 du CGI, barème des droits de succession (Légifrance)
- Article 779 du CGI, abattements (Légifrance)
- service-public.gouv.fr : droits de succession, évaluation, abattements et barème
- service-public.gouv.fr : règles pour hériter quand le défunt a des enfants
Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.