Guide complet · successions ouvertes en 2026

Droits de succession 2026 : calcul, abattements, exonérations et paiement

Les droits de succession sont payés par chaque héritier sur la part nette qu’il reçoit, après déduction des dettes et d’un abattement lié à sa parenté avec le défunt. Le conjoint et le partenaire de PACS ne paient rien ; un enfant est exonéré jusqu’à 100 000 € puis taxé de 5 % à 45 % ; un neveu ou un ami le sont à 55 % ou 60 % dès le premier euro. Tout se règle dans les six mois du décès.

Mise à jour le 9 septembre 2026, à jour de la loi de finances pour 2026.

Qu’est-ce que les droits de succession et qui les paie ?

Les droits de succession sont l’impôt dû sur ce que chaque héritier reçoit après un décès. Ils ne frappent pas la succession en bloc : chaque héritier est imposé séparément sur sa part nette, après déduction des dettes et de l’abattement attaché à son lien de parenté (articles 777 et 779 du CGI). Le conjoint marié et le partenaire de PACS survivants en sont totalement dispensés.

D’où une conséquence souvent ignorée : plus les héritiers sont nombreux, moins l’impôt total est élevé, chaque part traversant le barème pour son compte avec son propre abattement. Une succession de 400 000 € coûte 58 194 € de droits à un enfant unique, mais 36 389 € seulement à deux enfants.

Les droits sont acquittés au dépôt de la déclaration et les cohéritiers non exonérés en sont solidairement responsables (article 1709 du CGI). Ils ne se confondent ni avec les frais de notaire, ni avec les frais bancaires de succession, plafonnés en 2026 à 1 % des avoirs et 857 €. Sur l’ordre dans lequel on hérite, voir succession sans testament.

Les cinq étapes du calcul

Le calcul suit toujours le même enchaînement : actif brut, passif déductible, répartition entre héritiers, abattement personnel, barème. Nous le déroulons sur une succession de 400 000 € nets recueillie par deux enfants, dont une maison de 300 000 €.

Étape 1 : additionner l’actif brut

On retient la valeur vénale au jour du décès de tous les biens : immeubles, comptes, titres, véhicules. Les meubles meublants sont évalués à un forfait de 5 % de l’ensemble des autres valeurs, sauf inventaire notarié ou vente publique (article 764 du CGI). La résidence principale bénéficie d’un abattement détaillé plus bas.

Étape 2 : retrancher le passif déductible

Se déduisent les dettes existant au jour du décès et justifiées : emprunts en cours, impôts non acquittés, charges, frais d’hospitalisation (article 768). Les frais funéraires sont déduits forfaitairement pour 1 500 €, sans justificatif (article 775). Ne le sont pas les dettes échues depuis plus de trois mois sans attestation du créancier (article 773). Voir les dettes d’une succession.

Étape 3 : répartir l’actif net

L’actif net est réparti selon la dévolution légale ou le testament. C’est cette part individuelle, et elle seule, qui sert de base à l’impôt : 200 000 € pour chacun de nos deux enfants.

Étape 4 : appliquer l’abattement personnel

Chaque héritier retranche l’abattement de son lien, ici 100 000 € pour un enfant (article 779 I), ce qui ramène la base taxable à 100 000 €. Une donation reçue du défunt depuis moins de quinze ans aurait déjà consommé tout ou partie de cet abattement (article 784).

Étape 5 : appliquer le barème par tranches

Le solde traverse le barème progressif de l’article 777 du CGI : chaque euro n’est taxé qu’au taux de sa tranche, si bien que le taux de la dernière tranche atteinte n’est jamais celui réellement payé.

Droits d’un enfant sur une part taxable de 100 000 € (article 777 du CGI, 2026)
Tranche de part nette taxable Montant dans la tranche Taux Droits
Jusqu’à 8 072 € 8 072 € 5 % 404 €
De 8 072 € à 12 109 € 4 037 € 10 % 404 €
De 12 109 € à 15 932 € 3 823 € 15 % 573 €
De 15 932 € à 552 324 € 84 068 € 20 % 16 814 €
Total dû par cet enfant 100 000 € 18 194 €

Chaque enfant doit donc 18 194 €, soit 36 389 € pour la succession, un taux effectif de 9,1 % de la part reçue. Pour d’autres montants et d’autres liens, utilisez le simulateur de frais de succession ou consultez le barème des droits de succession 2026.

Abattements 2026 par lien de parenté

L’abattement est la fraction de la part qui échappe entièrement à l’impôt. Il ne dépend que du lien de parenté, jamais de la taille de la succession, et il est gelé depuis 2012 : la loi de finances pour 2026 ne l’a pas revalorisé.

Abattements en succession et taux applicables en 2026 (articles 777, 779, 788 et 796-0 bis du CGI)
Lien avec le défunt Abattement Taux après abattement
Conjoint marié, partenaire de PACS Exonération totale Aucun droit
Enfant, père ou mère 100 000 € 5 % à 45 %
Petit-enfant (dont le parent est vivant) 1 594 € 5 % à 45 %
Frère ou sœur 15 932 € 35 % puis 45 %
Neveu ou nièce 7 967 € 55 %
Oncle, tante, cousin germain 1 594 € 55 %
Concubin, ami, enfant du conjoint non adopté 1 594 € 60 %
Héritier handicapé (cumulable) 159 325 € Selon le lien

Le barème est progressif de 5 % à 45 % en ligne directe, à deux tranches entre frères et sœurs (35 % puis 45 % au-delà de 24 430 €), et réduit à un taux unique de 55 % ou 60 % pour les autres. Tranches complètes, donations et usufruit sur la page barème des droits de succession ; cumuls dans notre guide abattement succession 2026. Attention : les abattements de donation, bien plus généreux, ne s’appliquent pas en succession.

Qui est exonéré ?

Deux catégories d’héritiers échappent totalement à l’impôt. Le conjoint marié et le partenaire de PACS survivants sont exonérés quel que soit le montant reçu (article 796-0 bis du CGI) ; le partenaire doit toutefois avoir été institué légataire par testament, n’étant pas héritier légal.

Le frère ou la sœur l’est aussi, à trois conditions cumulatives au jour du décès (article 796-0 ter) : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ; avoir plus de cinquante ans ou une infirmité empêchant de travailler ; avoir vécu avec le défunt les cinq années précédentes. À défaut, l’abattement retombe à 15 932 € et le taux à 35 % : voir droits de succession entre frère et sœur.

Le concubin n’est jamais exonéré : taxé à 60 % après 1 594 € d’abattement, et seulement s’il a été institué légataire. Des exonérations partielles de 75 % existent par ailleurs sur les titres transmis dans un pacte Dutreil et sur certains biens ruraux loués à long terme. Panorama complet dans notre guide des exonérations de droits de succession.

Assurance-vie, résidence principale, donations antérieures : ce qui change le calcul

Trois mécanismes déplacent le résultat des cinq étapes et expliquent l’essentiel des écarts entre une estimation faite de tête et le chiffre porté sur la déclaration.

L’assurance-vie reste hors de la succession

Les capitaux sont versés au bénéficiaire désigné et n’entrent pas dans la succession civile. Les primes versées avant les 70 ans de l’assuré ouvrent droit à un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis à un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà (article 990 I du CGI). Celles versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession après un abattement global de 30 500 €, tous bénéficiaires et tous contrats confondus, les produits restant exonérés (article 757 B). Voir assurance-vie et succession et assurance-vie après 70 ans.

La résidence principale vaut 20 % de moins

Si le logement était la résidence principale du défunt et l’est aussi, au jour du décès, de son conjoint, de son partenaire de PACS ou d’un enfant mineur ou majeur protégé, sa valeur déclarée est réduite de 20 % (article 764 bis) : 60 000 € de base taxable en moins sur une maison de 300 000 €. Voir l’abattement sur la résidence principale et les frais de succession sur une maison.

Les donations reçues depuis moins de quinze ans

Le rappel fiscal de l’article 784 réintègre les donations consenties par le défunt depuis moins de quinze ans : l’abattement déjà utilisé n’est plus disponible et la part est taxée dans les tranches supérieures. Si chacun de nos deux enfants avait reçu 100 000 € récemment, les droits passeraient de 18 194 € à 38 194 € chacun. Passé quinze ans, l’abattement se reconstitue : c’est la logique du rappel fiscal des donations et de la donation de son vivant.

Quand et comment déclarer et payer

La déclaration doit être déposée dans les six mois du décès survenu en France métropolitaine, douze mois s’il est survenu à l’étranger (article 641 du CGI), et les droits sont payés au dépôt. Elle n’est pas exigée sous 50 000 € d’actif brut pour la ligne directe, le conjoint et le partenaire de PACS, à condition qu’aucune donation non enregistrée n’ait été reçue, ni sous 3 000 € pour les autres héritiers (article 800). Au-delà, elle reste obligatoire même lorsque l’abattement absorbe toute la part.

Délais, dispenses et sanctions pour une succession ouverte en 2026 (CGI)
Règle Valeur 2026 Base légale
Dépôt de la déclaration, décès en France métropolitaine 6 mois art. 641
Dépôt de la déclaration, décès survenu hors de France 12 mois art. 641
Dispense, ligne directe, conjoint et PACS Actif brut sous 50 000 € art. 800
Dispense, autres héritiers Actif brut sous 3 000 € art. 800
Intérêt de retard 0,20 % par mois, 2,4 % par an art. 1727
Majoration pour dépôt tardif 10 % dès le 13e mois art. 1728
Majoration après mise en demeure 40 % sous 90 jours art. 1728

Quatre imprimés composent le dossier : 2705-SD (cerfa 11277) pour la déclaration, 2705-S-SD pour les héritiers et leurs parts, 2706-SD pour l’actif et le passif, 2705-A-SD pour les primes d’assurance-vie versées après 70 ans. Voir déclaration de succession et déclaration hors délai.

Quand la trésorerie manque, deux crédits existent. Le fractionné étale les droits sur un an en trois versements semestriels, portés à sept versements sur trois ans si la succession comprend au moins la moitié de biens non liquides. Le différé, réservé notamment à la nue-propriété, reporte l’exigibilité à six mois après la réunion de l’usufruit. Les deux supposent une demande, des garanties et des intérêts dont le taux est fixé chaque année. Voir payer en plusieurs fois et payer sans liquidités.

Frais de notaire : ce qui s’ajoute aux droits

Les frais de notaire sont indépendants des droits : ils rémunèrent des actes tarifés par l’État (notoriété, déclaration de succession, attestation de propriété immobilière) selon des pourcentages dégressifs, TVA et débours en sus. Sur notre exemple de 400 000 € dont une maison de 300 000 €, ils représentent environ 4 700 € hors débours, contre 36 389 € de droits.

Le détail acte par acte et les cas où le notaire n’est pas obligatoire sont réunis sur la page frais de notaire d’une succession. Voir aussi le prix de l’acte de notoriété, quand le notaire est obligatoire et les frais bancaires de succession.

Réduire les droits : les leviers

Une fois le décès survenu, la marge est étroite : vérifier l’évaluation des biens, faire dresser un inventaire plutôt que subir le forfait mobilier, n’oublier aucune dette déductible, ou renoncer au profit de ses enfants.

Tout le reste se joue avant. Sept leviers structurent une transmission préparée : la donation échelonnée tous les quinze ans, la donation de la nue-propriété avec réserve d’usufruit, l’assurance-vie alimentée avant 70 ans, le pacte Dutreil, la SCI familiale, les exonérations sectorielles de 75 %, enfin le régime matrimonial associé à la donation-partage. Chacun est chiffré sur la page réduire les droits de succession. Voir aussi usufruit et nue-propriété et la donation au dernier vivant.

Questions fréquentes sur les droits de succession

Comment calculer soi-même le montant des droits de succession ?
En cinq opérations : additionner l’actif brut, retrancher le passif, répartir l’actif net entre les héritiers, retirer de chaque part l’abattement propre à l’héritier (100 000 € pour un enfant), puis appliquer au solde le barème de l’article 777 du CGI. Pour 400 000 € nets recueillis par deux enfants, chacun est taxé sur 100 000 € et doit 18 194 €.
Combien paie-t-on de droits de succession sur 100 000 €, 300 000 € et 500 000 € ?
Pour un enfant unique : rien sur 100 000 €, l’abattement absorbant toute la part ; 38 194 € sur 300 000 € ; 78 194 € sur 500 000 €. Partagées entre deux enfants, ces mêmes successions coûtent 0 €, 16 389 € et 56 389 € au total, chaque part ayant son propre abattement.
Les droits de succession se paient-ils avant ou après avoir touché l’héritage ?
Ils sont exigibles au dépôt de la déclaration, donc dans les six mois du décès, souvent avant le déblocage des fonds et bien avant le partage : c’est la difficulté pratique majeure des successions immobilières. Le paiement fractionné et le paiement différé permettent d’étaler la charge, sur demande et contre garanties.
Y a-t-il des droits de succession entre époux ?
Non. Le conjoint marié survivant est totalement exonéré, quel que soit le montant reçu (article 796-0 bis du CGI). Le partenaire de PACS bénéficie de la même exonération, à condition d’avoir été institué légataire par testament, car il n’est pas héritier légal. Le concubin, lui, est taxé à 60 % après un abattement de 1 594 €.
Faut-il payer des droits de succession sur la maison du défunt ?
Oui : l’immeuble entre dans l’actif pour sa valeur vénale au jour du décès et les droits se calculent sur la part de chaque héritier, maison comprise. Si le logement était la résidence principale du défunt et l’est aussi, au jour du décès, du conjoint survivant, du partenaire de PACS ou d’un enfant mineur ou majeur protégé, sa valeur est réduite de 20 % (article 764 bis du CGI).
Les droits de succession ont-ils changé en 2026 ?
Pas sur l’essentiel : la loi de finances pour 2026 n’a modifié ni le barème de l’article 777, ni les abattements de l’article 779, ni l’exonération du conjoint, ni l’assurance-vie, ni les délais. Les changements sont ailleurs : engagement individuel du pacte Dutreil porté à six ans, seuil de déblocage bancaire relevé à 5 965 €, frais bancaires de succession plafonnés à 1 % des avoirs et 857 €.

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