Une succession de 500 000 € coûte 78 194 € de droits à un enfant unique, 28 194 € à chacun de deux enfants et 11 528 € à chacun de trois enfants. Le conjoint survivant ne paie rien, un frère 215 388 €. À ce niveau, deux mécanismes changent réellement le résultat : l’abattement de 20 % sur la résidence principale, qui fait tomber les droits d’un enfant unique à 62 194 €, et l’assurance-vie, dont les capitaux sortent de l’assiette successorale.

Combien paie chaque héritier sur 500 000 € ?

Comme toujours, on divise l’actif net, on retranche l’abattement de chaque héritier, puis on applique le barème de l’article 777 du CGI à la part nette taxable.

Droits de succession sur un actif net de 500 000 € selon le lien de parenté (barème et abattements 2026)
Héritier(s)Part reçuePart taxableDroits par héritierDroits au total
Enfant unique500 000 €400 000 €78 194 €78 194 €
2 enfants250 000 €150 000 €28 194 €56 389 €
3 enfants166 667 €66 667 €11 528 €34 583 €
Conjoint marié ou partenaire de PACS500 000 €Exonéré0 €0 €
Frère ou sœur500 000 €484 068 €215 388 €215 388 €
Neveu ou nièce500 000 €492 033 €270 618 €270 618 €
Concubin, ami, cousin500 000 €498 406 €299 044 €299 044 €

Toute la part taxable d’un enfant reste ici dans la tranche à 20 %, qui court jusqu’à 552 324 € : la tranche à 30 % ne se déclenche pas encore. C’est au-delà que la pente s’accentue, comme le montre le guide succession d’un million d’euros.

La résidence principale : comment fonctionne l’abattement de 20 % ?

L’article 764 bis du CGI permet de ne retenir que 80 % de la valeur vénale du logement qui était la résidence principale du défunt, à condition qu’au jour du décès il soit aussi la résidence principale du conjoint survivant, du partenaire de PACS, ou d’un ou plusieurs enfants mineurs ou majeurs protégés du défunt, de son conjoint ou de son partenaire. Ce n’est pas une exonération : c’est une règle d’évaluation qui réduit l’assiette avant même l’abattement personnel.

Succession de 500 000 € dont une résidence principale de 400 000 € (art. 764 bis du CGI, 2026)
SituationActif net taxableDroits, enfant uniqueDroits, 2 enfants au total
Sans application de l’abattement de 20 %500 000 €78 194 €56 389 €
Maison retenue pour 320 000 € au lieu de 400 000 €420 000 €62 194 €40 389 €
Économie80 000 €16 000 €16 000 €

L’économie correspond exactement à 20 % de la valeur du logement taxés à 20 %. Attention : l’abattement tombe si personne des catégories visées n’occupe le logement au jour du décès, cas fréquent lorsque le défunt vivait seul. Les conditions sont détaillées dans l’abattement de 20 % sur la résidence principale, et l’évaluation elle-même dans estimer une maison dans une succession.

L’assurance-vie fait-elle partie de la succession ?

Non, sauf exception. Les capitaux versés au bénéficiaire désigné dans la clause ne sont pas ajoutés à l’actif successoral et suivent une fiscalité propre. Pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 €, puis d’un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà (art. 990 I du CGI). Pour les primes versées après 70 ans, l’abattement n’est plus que de 30 500 €, global pour tous les contrats et tous les bénéficiaires, et l’excédent des primes seulement, jamais les produits, est soumis aux droits de succession selon le lien de parenté (art. 757 B). Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont exonérés dans les deux régimes.

L’effet est net. Un patrimoine de 500 000 € dont 150 000 € placés en assurance-vie avant 70 ans au profit d’un enfant unique laisse 350 000 € dans la succession : les droits tombent à 48 194 € au lieu de 78 194 €, et les 150 000 € du contrat, sous l’abattement de 152 500 €, ne supportent rien. Avec deux enfants bénéficiaires, les droits sur les 350 000 € restants sont de 13 194 € chacun, soit 26 389 €. Voir assurance-vie et succession et les versements après 70 ans.

Combien coûte le notaire sur 500 000 € ?

Les émoluments sont tarifés et calculés sur l’actif brut, indépendamment des abattements fiscaux. La présence d’un immeuble ajoute l’attestation de propriété et la contribution de sécurité immobilière.

Frais de notaire estimés sur une succession de 500 000 € (tarif prorogé jusqu’au 29 février 2028, TVA 20 %, hors débours)
Composition de l’actifÉmoluments TTCSécurité immobilièreTotal estimé
Aucun immeuble2 789,01 €sans objet≈ 2 789 €
Maison de 400 000 € et 100 000 € d’autres biens5 549,34 €400,00 €≈ 5 949 €
Actif entièrement immobilier6 187,74 €500,00 €≈ 6 688 €

S’ajoutent les débours, variables et non tarifés, et le cas échéant le partage notarié avec son droit de partage de 2,50 % (art. 746 du CGI). Le notaire peut consentir une remise d’au plus 20 % sur la part d’émolument calculée sur les tranches d’assiette supérieures ou égales à 100 000 €.

Que reste-t-il, et quels leviers avant le décès ?

Droits et frais réunis, un enfant unique conserve environ 415 000 € sur 500 000 €, deux enfants environ 437 000 € à eux deux. Les leviers utiles se mettent en place du vivant : donner tôt pour laisser l’abattement se reconstituer tous les quinze ans, alimenter une assurance-vie avant 70 ans, ou donner la nue-propriété d’un bien en conservant l’usufruit. Le panorama complet est sur la page réduire les droits de succession, et les paliers voisins dans les guides 300 000 € et 1 million d’euros. Les abattements sont détaillés dans abattement succession 2026, les tranches sur la page barème des droits de succession, et vos montants dans le simulateur. Un conseiller peut chiffrer ces leviers sur votre patrimoine réel.

Vos questions les plus fréquentes

Combien de droits de succession sur 500 000 € pour un enfant unique ?
Après l’abattement de 100 000 €, la part nette taxable est de 400 000 € et les droits atteignent 78 194 € selon le barème de l’article 777 du CGI. Deux enfants paient 28 194 € chacun, soit 56 389 € au total.
L’abattement de 20 % sur la résidence principale change-t-il beaucoup le résultat ?
Sur une maison de 400 000 € qui reste la résidence principale du conjoint survivant ou d’un enfant mineur, l’article 764 bis du CGI la retient pour 320 000 €. L’actif net taxable passe de 500 000 € à 420 000 € et les droits d’un enfant unique tombent de 78 194 € à 62 194 €, soit 16 000 € de moins.
L’assurance-vie entre-t-elle dans les 500 000 € ?
Non. Les capitaux versés à un bénéficiaire désigné sont hors succession. Pour les primes versées avant les 70 ans de l’assuré, chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 € (art. 990 I du CGI) ; pour les primes versées après 70 ans, l’abattement est global et limité à 30 500 € (art. 757 B).
Quels frais de notaire pour une succession de 500 000 € ?
Environ 6 688 € TTC si tout l’actif est immobilier, environ 5 949 € pour 500 000 € dont une maison de 400 000 €, et environ 2 789 € sans aucun immeuble, hors débours. Les émoluments sont tarifés par arrêté.
Un frère ou une sœur paie-t-il beaucoup plus ?
Oui. Avec un abattement de 15 932 € et un barème à 35 % puis 45 %, un frère unique acquitte 215 388 € sur une succession de 500 000 €, contre 78 194 € pour un enfant unique.
Comment réduire les droits sur un patrimoine de cet ordre ?
Trois leviers reviennent : la transmission anticipée par donation, dont l’abattement se reconstitue tous les quinze ans ; l’assurance-vie alimentée avant 70 ans ; la donation de la nue-propriété, qui ne taxe qu’une fraction de la valeur selon l’âge du donateur. Chacun suppose d’être mis en place du vivant.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.