Un partenaire de PACS ne paie aucun droit de succession sur ce qu’il reçoit : l’exonération de l’art. 796-0 bis du CGI le place exactement au niveau du conjoint marié, sans plafond. Le piège est ailleurs : le PACS ne fait pas de lui un héritier. S’il n’y a pas de testament, il n’a droit à rien, et l’exonération ne s’applique alors à rien du tout.

Combien paie le partenaire de PACS ?

Zéro euro, quel que soit le montant. C’est la même règle que pour les époux depuis 2007, et la loi de finances pour 2026 ne l’a pas modifiée. L’écart avec un couple non pacsé est spectaculaire, puisque le concubin, lui, est traité comme un étranger : 1 594 € d’abattement puis 60 % de droits.

Ce que coûte un legs de 150 000 € selon le statut du couple (barèmes 2026, art. 777, 788 et 796-0 bis du CGI)
Statut du survivantAbattementTauxDroits dus
Époux ou partenaire de PACSExonération totale0 %0 €
Concubin, sans PACS ni mariage1 594 €60 %89 044 €

Se pacser reste donc, à lui seul, le geste de protection le plus efficace pour un couple non marié. Les conséquences du concubinage sont détaillées dans le guide succession et concubinage.

Le partenaire de PACS hérite-t-il sans testament ?

Non, et c’est le point qui surprend le plus les familles. Le partenaire survivant n’a aucune vocation légale à la succession. Il garde ses biens personnels et sa part des biens achetés en indivision pendant le PACS, mais la part du défunt revient à ses héritiers : ses enfants d’abord, puis, à défaut de descendant, ses parents, ses frères et sœurs et leurs enfants. Le survivant peut ainsi se retrouver en indivision avec la famille du défunt sur le logement du couple. Voir succession sans testament et succession sans enfant pour l’ordre exact.

Que devient le logement du couple ?

Le partenaire survivant bénéficie, comme l’époux, du droit temporaire au logement : pendant un an à compter du décès, il jouit gratuitement du logement qu’il occupait à titre d’habitation principale et du mobilier qui le garnit. Passé cette année, rien ne le protège plus. Le droit viager d’habitation réservé au conjoint marié, qui dure jusqu’à son décès, ne lui est pas ouvert. Si le logement appartenait au défunt et qu’aucun testament n’a été fait, les héritiers peuvent demander le partage et, en pratique, la vente.

Que peut-on lui léguer par testament ?

Tout ce qui n’est pas réservé aux enfants. La réserve héréditaire limite la liberté de tester ; le reste, la quotité disponible, peut être légué librement, y compris au partenaire, et il le reçoit sans payer de droits.

Ce qui peut être légué au partenaire de PACS (art. 913 du Code civil)
Enfants du défuntRéserve des enfantsQuotité disponible
Un enfant1/21/2
Deux enfants2/31/3
Trois enfants ou plus3/41/4
Aucun descendantAucune réserveTotalité

Un exemple. Une succession de 300 000 €, un enfant, un partenaire de PACS désigné par testament pour la quotité disponible. Le partenaire reçoit 150 000 € et ne paie rien. L’enfant reçoit 150 000 € ; après son abattement de 100 000 €, il est taxé sur 50 000 € et doit 8 194 €. Coût fiscal total de la transmission : 8 194 €. Si le couple était simplement en concubinage, le même legs de 150 000 € coûterait 89 044 € au survivant.

Le testament olographe, écrit et signé de la main du testateur, suffit ; le déposer chez un notaire évite qu’il disparaisse. Voir le testament olographe et quotité disponible et réserve héréditaire. Le détail des tranches d’imposition figure sur la page barème des droits de succession, et l’estimation gratuite chiffre votre situation en quelques minutes.

Et l’assurance-vie ?

C’est le second outil, complémentaire du testament. Les capitaux versés au partenaire de PACS bénéficiaire échappent au prélèvement de l’art. 990 I comme aux droits de l’art. 757 B du CGI. Surtout, le contrat d’assurance-vie est hors succession : il permet de transmettre au partenaire un capital qui n’entre pas dans la réserve des enfants, sauf primes manifestement exagérées. Voir assurance-vie et succession. Un conseiller peut vérifier que la clause bénéficiaire et le testament disent bien la même chose.

Le partenaire de PACS et l’époux sont donc à égalité devant l’impôt, mais pas devant la loi civile. La comparaison complète est faite dans le guide droits de succession du conjoint survivant.

Vos questions les plus fréquentes

Le partenaire de PACS paie-t-il des droits de succession ?
Non. Le partenaire lié par un PACS est totalement exonéré de droits de succession, au même titre que l’époux survivant (article 796-0 bis du CGI). Cette exonération vaut aussi bien pour un legs par testament que pour les capitaux d’une assurance-vie dont il est bénéficiaire. Mais elle ne lui donne rien s’il n’a pas été désigné.
Le partenaire de PACS hérite-t-il sans testament ?
Non. Le PACS n’ouvre aucun droit dans la succession : le partenaire survivant n’est pas héritier au sens de la loi. Sans testament, il ne recueille que ses biens personnels et sa part des biens acquis en indivision. Tout le reste revient aux enfants du défunt, ou à défaut à ses parents, frères et sœurs.
Que peut-on léguer à son partenaire de PACS ?
Tout ce qui excède la réserve des enfants, c’est-à-dire la quotité disponible : la moitié de la succession avec un enfant, le tiers avec deux enfants, le quart avec trois enfants ou plus. Sans descendant, la totalité peut lui être léguée. Le legs est reçu en franchise totale de droits.
Le partenaire survivant peut-il rester dans le logement ?
Il dispose du même droit temporaire d’un an que l’époux survivant sur le logement qu’il occupait à titre d’habitation principale et sur son mobilier. En revanche, le droit viager d’habitation, qui dure jusqu’au décès, n’est pas ouvert au partenaire de PACS : seul un testament peut lui garantir un maintien durable dans les lieux.
Faut-il se marier plutôt que se pacser pour la succession ?
Sur le plan fiscal, non : PACS et mariage donnent la même exonération totale. La différence est civile. L’époux est héritier de plein droit et bénéficie du droit viager au logement ; le partenaire de PACS n’hérite que si un testament le prévoit, dans la limite de la quotité disponible.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.