L’acte de partage est l’acte le plus coûteux d’une succession, et c’est le seul qui reste facultatif. Quand il est signé, il supporte deux charges : un émolument de notaire dégressif, de 4,837 % à 0,998 % selon les tranches, et surtout un droit de partage de 2,5 % de l’actif net partagé (article 746 du CGI), qui va à l’État. Sur un partage de 400 000 €, cela représente 5 386,78 € TTC d’émoluments et 10 000 € de droit, soit près de 15 400 € qui s’ajoutent aux autres actes.
Qu’est-ce que l’acte de partage ?
Au décès, les héritiers deviennent propriétaires ensemble, en indivision : chacun détient une quote-part de l’ensemble, personne ne détient un bien précis. L’acte de partage met fin à cette situation en attribuant à chacun des lots identifiés : la maison à l’un, les comptes et les titres à l’autre, avec le cas échéant une soulte pour équilibrer.
Rien n’oblige à le signer. L’article 815 du Code civil pose que nul ne peut être contraint de demeurer dans l’indivision, mais l’inverse est vrai aussi : on peut y rester des années, en s’organisant. Le partage devient nécessaire quand un héritier veut recevoir un bien en propre, notamment un immeuble : l’acte est alors notarié et publié. Le fonctionnement de l’indivision est détaillé dans l’indivision entre héritiers et les règles civiles du partage dans le partage d’une succession.
Le barème des émoluments de partage
| Tranche d’actif brut partagé | Taux HT | Émolument de la tranche |
|---|---|---|
| De 0 à 6 500 € | 4,837 % | 314,41 € |
| De 6 500 € à 17 000 € | 1,995 % | 209,48 € |
| De 17 000 € à 60 000 € | 1,330 % | 571,90 € |
| Au-delà de 60 000 € | 0,998 % | selon l’actif |
Les soixante mille premiers euros coûtent donc 1 095,78 € hors taxes, puis chaque tranche de 100 000 € ajoute 998 € hors taxes. Un émolument complémentaire de 0,484 %, non dégressif, s’applique aux reprises en nature. Sur les assiettes élevées, le notaire peut consentir une remise d’au plus 20 % sur la part d’émolument calculée à partir de 100 000 € d’assiette (article A444-174) : elle se demande par écrit avant la signature.
Le droit de partage de 2,5 %
C’est la ligne qui surprend le plus les familles, parce qu’elle n’a rien à voir avec le notaire : le droit de partage est un droit d’enregistrement reversé à l’État, égal à 2,5 % de l’actif net partagé (article 746 du CGI). Il se paie même si tous les héritiers sont d’accord, même si la succession n’a donné lieu à aucun droit de succession, et il s’ajoute à ces derniers.
Une confusion revient souvent : le taux de 1,1 % que l’on lit parfois n’est pas une version réduite du droit successoral. Il ne concerne que les partages consécutifs à un divorce, à une séparation de corps ou à une rupture de PACS. Pour une succession, le taux applicable est bien 2,5 %.
Deux partages chiffrés
| Actif partagé | Émolument HT | Émolument TTC | Droit de partage | Total |
|---|---|---|---|---|
| 200 000 € | 2 492,98 € | 2 991,58 € | 5 000,00 € | 7 991,58 € |
| 400 000 € | 4 488,98 € | 5 386,78 € | 10 000,00 € | 15 386,78 € |
Ces montants viennent en supplément. Une succession de 400 000 € comprenant une maison de 300 000 € revient à environ 4 700 € d’émoluments hors débours avec l’acte de notoriété, la déclaration de succession et l’attestation de propriété. Y ajouter un acte de partage porte l’ensemble aux alentours de 20 100 € : la facture est multipliée par plus de quatre, dont 10 000 € de seul droit d’enregistrement. Le détail des autres actes est dans le pilier frais de notaire sur une succession.
Comment éviter cette ligne ?
Première voie : ne rien attribuer et vendre le bien en indivision. Les héritiers vendent ensemble, puis se répartissent le prix selon leurs quotes-parts. La vente d’un immeuble indivis exige l’unanimité, mais les indivisaires détenant au moins deux tiers des droits peuvent demander au tribunal d’autoriser l’aliénation (article 815-5-1 du Code civil). Aucun acte de partage n’est signé, donc ni émolument de partage ni droit de 2,5 %. Le déroulé pratique est décrit dans vendre une maison en succession.
Deuxième voie : pour des sommes d’argent, des livrets ou des titres, le partage se fait sans acte. Les héritiers se répartissent les fonds selon leurs droits, ce qui n’appelle aucune formalité notariée et donc aucun droit de partage. C’est souvent la solution des successions sans immobilier, décrites dans frais de notaire sans bien immobilier.
Troisième cas de figure : un héritier veut garder la maison. Il faut alors un acte, et une soulte. Sur une maison estimée 300 000 € partagée entre deux enfants, celui qui la conserve verse 150 000 € à l’autre, et l’acte supporte le droit de 2,5 %. L’évaluation devient le point sensible : elle détermine la soulte, les droits, et la plus-value en cas de revente ultérieure. Voir estimer une maison en succession. Avant de trancher entre garder, vendre ou rester en indivision, le simulateur chiffre la part de chacun, et un conseiller peut comparer les scénarios avec vous.
Vos questions les plus fréquentes
Le partage d’une succession est-il obligatoire ?
Combien coûte un acte de partage sur 200 000 € ?
Le droit de partage est-il de 1,1 % ou de 2,5 % ?
Peut-on partager une succession sans notaire ?
Comment calcule-t-on une soulte entre héritiers ?
Sources et textes officiels
- Article 746 du CGI, droit de partage de 2,5 % (Légifrance)
- Article A444-121 du Code de commerce, émoluments de partage (Légifrance)
- service-public.gouv.fr : l’indivision entre héritiers
- service-public.gouv.fr : frais de notaire pour une succession
Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.