Vendre la maison d’un parent décédé suppose trois choses avant même de chercher un acquéreur : que la qualité d’héritier soit établie par l’acte de notoriété, que la propriété soit transférée et publiée par l’attestation de propriété immobilière, et que tous les indivisaires soient d’accord, la vente d’un immeuble indivis exigeant l’unanimité (art. 815-3 du Code civil). En parallèle court le délai fiscal : la déclaration de succession est due dans les six mois du décès en France métropolitaine, douze mois si le décès a eu lieu hors de France. La vente elle-même n’est pas taxée si le prix correspond à la valeur déclarée dans la succession.

Que faut-il réunir avant de vendre ?

On ne vend pas un bien dont on n’est pas encore propriétaire aux yeux du fichier immobilier. Le notaire doit avoir accompli, dans l’ordre, les actes qui transfèrent et publient la propriété.

Les préalables à la vente d’un bien hérité
ÉtapeÀ quoi elle sertTarif 2026
Acte de notoriétéÉtablir qui sont les héritiers et leurs quotes-parts56,60 € HT
Attestation de propriété immobilièreTransférer et publier la propriété du bien au nom des héritiers1,935 % à 0,532 % de la valeur des immeubles
Contribution de sécurité immobilièreTaxe de publication de l’attestation0,10 % de la valeur, minimum 15 €
Accord des indivisairesAutoriser la vente (unanimité, ou tribunal saisi par les deux tiers)Art. 815-3 et 815-5-1
Déclaration de successionDéclarer et payer les droits6 mois, ou 12 mois si décès hors de France

Le détail de l’acte le plus coûteux figure dans notre guide de l’ attestation de propriété immobilière. Quand un héritier s’oppose à la vente, c’est le régime de l’ indivision successorale qui décide de la suite.

Combien de temps cela prend-il ?

Il n’existe pas de durée légale pour vendre un bien hérité, et toute estimation générale serait trompeuse : la durée réelle dépend du temps nécessaire pour retrouver tous les héritiers, obtenir les pièces d’état civil, faire évaluer le bien et, surtout, obtenir l’accord de chacun. Ce qui est certain, ce sont les deux repères de calendrier : la propriété doit avoir été publiée avant la signature, et la déclaration de succession reste due dans les six mois du décès, même si la vente n’est pas conclue. Un retard sur ce dernier point déclenche un intérêt de retard de 0,20 % par mois dès le septième mois et une majoration de 10 % à partir du treizième mois : c’est l’objet de notre guide déclaration de succession hors délai.

Qui paie quoi ?

Une confusion revient sans cesse : les « frais de notaire » d’une vente immobilière sont supportés par l’acquéreur, pas par les héritiers vendeurs. Ce que paient les héritiers, ce sont les frais de la succession, dont l’attestation de propriété est la ligne principale dès qu’un immeuble est en jeu.

Exemple : succession de 400 000 € dont une maison de 300 000 € (tarif 2026, hors débours)
PosteHTTTC
Acte de notoriété56,60 €67,92 €
Déclaration de succession (400 000 €)1 841,58 €2 209,89 €
Attestation de propriété (300 000 €)1 768,28 €2 121,93 €
Contribution de sécurité immobilière300,00 €
Total approximatif, hors déboursenviron 4 700 €

S’ajoutent, le cas échéant, les honoraires de l’agence immobilière, librement négociés et donc non tarifés, et les diagnostics obligatoires. Les débours du notaire ne sont pas tarifés non plus : ils varient selon le dossier. Pour un chiffrage complet, voyez la page frais de notaire d’une succession et le guide des frais de succession sur une maison.

Faut-il vendre avant ou après la déclaration ?

Les deux sont possibles. Vendre avant le dépôt de la déclaration a un intérêt évident : le prix encaissé permet de payer les droits de succession sans avancer d’argent. Mais il faut alors savoir que le prix obtenu devient, en pratique, la valeur retenue dans la déclaration : déclarer une valeur nettement inférieure à un prix de vente conclu peu après le décès expose à un redressement. Cette prudence est doublement utile, puisqu’une valeur déclarée basse augmente mécaniquement la plus-value taxable : voyez estimer une maison dans une succession. Si le bien était la résidence principale du défunt, l’abattement de 20 % s’applique sous conditions : c’est l’objet du guide abattement de résidence principale.

Que paierez-vous sur la vente ?

La règle est rassurante : le prix d’acquisition retenu pour calculer la plus-value est la valeur déclarée dans la déclaration de succession (art. 150 VB du CGI). Vendre au prix déclaré ne génère donc aucune plus-value imposable. Au-delà, la plus-value est soumise à 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec des abattements pour durée de détention et une exonération si le bien est devenu la résidence principale du vendeur. Le calcul complet, abattements compris, est détaillé dans notre guide plus-value sur un bien hérité.

Et si le conjoint est usufruitier ?

Lorsque le conjoint survivant a opté pour l’usufruit, le bien est démembré : il en a la jouissance, les enfants en ont la nue-propriété. Vendre en pleine propriété suppose alors l’accord de l’usufruitier et de tous les nus-propriétaires. Le prix se répartit entre eux selon la valeur respective des deux droits, déterminée par le barème fiscal de l’âge de l’usufruitier (art. 669 du CGI) : entre 61 et 70 ans, la nue-propriété représente 60 % de la valeur et l’usufruit 40 % ; entre 71 et 80 ans, 70 % et 30 %. Le détail est dans notre barème de l’usufruit et dans le guide usufruit et nue-propriété. Une alternative existe : le report du démembrement sur le prix ou sur un autre bien, à convenir entre les parties. Avant de signer, faites chiffrer votre situation ; un conseiller peut vérifier la répartition du prix et son coût fiscal.

Vos questions les plus fréquentes

Peut-on vendre une maison avant la déclaration de succession ?
Oui, rien ne l’interdit dès lors que la propriété des héritiers est établie et publiée par l’attestation de propriété. En pratique, l’administration retient alors le prix de vente comme valeur du bien dans la déclaration de succession : déclarer une valeur nettement inférieure au prix obtenu peu après expose à un redressement.
Faut-il l’accord de tous les héritiers pour vendre ?
Oui en principe : la vente d’un immeuble indivis est un acte de disposition qui exige l’unanimité (article 815-3 du Code civil). Les indivisaires réunissant au moins deux tiers des droits peuvent cependant demander au tribunal judiciaire d’autoriser la vente, après notification par un notaire aux autres indivisaires (article 815-5-1).
Quels frais de notaire les héritiers paient-ils en vendant ?
Les frais de l’acte de vente sont supportés par l’acquéreur. Les héritiers, eux, supportent les frais de la succession : acte de notoriété à 56,60 € HT, déclaration de succession, et surtout attestation de propriété immobilière, tarifée de 1,935 % à 0,532 % de la valeur des immeubles, plus la contribution de sécurité immobilière de 0,10 %.
Combien de temps faut-il pour vendre une maison héritée ?
Il faut d’abord que le notaire établisse l’acte de notoriété puis l’attestation de propriété et la publie : la vente ne peut intervenir avant. En parallèle, la déclaration de succession est due dans les six mois du décès en France métropolitaine, douze mois si le décès a eu lieu hors de France. La durée réelle dépend surtout du temps de réunion des pièces et de l’accord entre héritiers.
Le conjoint usufruitier peut-il s’opposer à la vente ?
Oui. Quand le bien est démembré, la vente en pleine propriété suppose l’accord de l’usufruitier et de tous les nus-propriétaires. À défaut d’accord, chacun ne peut céder que son droit, ce qui est très difficile à vendre. En cas de vente commune, le prix se répartit selon la valeur respective de l’usufruit et de la nue-propriété.
La vente d’un bien hérité est-elle imposée ?
Seulement s’il y a une plus-value, c’est-à-dire si le prix de vente dépasse la valeur retenue dans la déclaration de succession (article 150 VB du CGI). Vendre au prix déclaré ne génère aucune plus-value imposable. Au-delà, l’imposition est de 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux, avant abattements pour durée de détention.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.