Le partage est l’acte qui met fin à l’indivision : chaque héritier cesse d’être copropriétaire de tout pour devenir seul propriétaire de son lot, rétroactivement au jour du décès. Trois voies existent. Si la succession ne comporte que des liquidités et que tout le monde est d’accord, le partage se fait à l’amiable et sans acte, sans frais particulier. S’il y a un immeuble, il faut un acte notarié : droit de partage de 2,5 % de l’actif net partagé (art. 746 du CGI) plus les émoluments du notaire. Si un héritier bloque, le partage judiciaire reste ouvert à tout indivisaire.

Peut-on partager sans notaire ?

Oui, dans un cas précis : quand la succession ne comprend aucun bien immobilier et que tous les héritiers s’entendent. Un compte bancaire, un contrat d’épargne, une voiture, des meubles se partagent par simple accord ; le notaire, s’il intervient, aura établi l’acte de notoriété et la déclaration de succession, mais aucun acte de partage n’est nécessaire et le droit de 2,5 % n’est pas dû. C’est la situation décrite dans notre guide des frais de notaire sans bien immobilier.

Dès qu’un immeuble figure dans les lots, l’acte notarié redevient indispensable : le partage doit être publié au service de la publicité foncière pour que le nouveau propriétaire soit opposable aux tiers. La différence de coût est considérable, et elle explique que beaucoup d’héritiers choisissent de vendre le bien puis de partager le prix, ou de rester en indivision.

Combien coûte un partage notarié ?

Deux lignes s’additionnent, et la première pèse le plus lourd : le droit de partage de 2,5 % de l’actif net partagé, qui est un impôt et non une rémunération du notaire, puis les émoluments proportionnels du tarif réglementé, dégressifs par tranches.

Coût d’un partage notarié en 2026 (art. A444-121 du Code de commerce et art. 746 du CGI)
Actif net partagéÉmoluments HTÉmoluments TTCDroit de partage 2,5 %Total
200 000 €2 492,98 €2 991,58 €5 000 €≈ 7 992 €
400 000 €4 488,98 €5 386,78 €10 000 €≈ 15 387 €

Ces montants s’ajoutent aux frais de la succession elle-même, acte de notoriété, déclaration et attestation de propriété, détaillés dans notre page frais de notaire d’une succession et dans le guide des frais de partage. Les débours, eux, ne sont pas tarifés : ils varient selon le dossier et s’ajoutent aux chiffres ci-dessus.

Comment composer les lots ?

Le principe est l’égalité en valeur, pas en nature : chacun doit recevoir un lot équivalent à sa part, mais rien n’oblige à découper la maison. Lorsqu’un lot dépasse la part de celui qui le reçoit, l’écart est compensé par une soulte, somme versée aux autres héritiers.

Prenons une succession de 400 000 € composée d’une maison estimée 300 000 € et de 100 000 € de liquidités, recueillie par deux enfants. Chaque part vaut 200 000 €. L’aîné souhaite conserver la maison : il reçoit un lot de 300 000 € et verse une soulte de 100 000 € à sa sœur, qui recueille les 100 000 € de liquidités plus la soulte, soit 200 000 €. Personne n’a vendu, et l’égalité est respectée. La soulte suppose évidemment que l’attributaire dispose de la somme, ou puisse l’emprunter : c’est la principale cause d’échec des partages amiables.

Les droits de succession, eux, se calculent sur la part de chacun, indépendamment de la composition des lots. Sur ces mêmes 400 000 € :

Succession de 400 000 € en ligne directe : part, droits et droit de partage (2026)
EnfantsPart de chacunDroits par enfantDroits au totalDroit de partage
2200 000 €18 194 €36 389 €10 000 €
3133 333 €4 861 €14 583 €10 000 €
4100 000 €0 €0 €10 000 €

Le contraste mérite d’être souligné : à quatre enfants, l’abattement de 100 000 € par enfant absorbe toute la succession et les droits tombent à zéro, mais le droit de partage de 2,5 % reste dû à l’identique, car il porte sur la masse et non sur les parts. Vous pouvez refaire ce calcul avec vos chiffres sur le simulateur.

Et si les héritiers ne s’entendent pas ?

L’article 815 du Code civil pose une règle simple : nul ne peut être contraint de demeurer dans l’indivision, et le partage peut toujours être provoqué. Concrètement, l’héritier qui veut sortir saisit le tribunal judiciaire, qui désigne un notaire pour dresser l’état liquidatif, tranche les contestations et ordonne, si nécessaire, la vente aux enchères d’un bien qui ne peut être commodément partagé. C’est plus long et plus cher qu’un partage amiable, mais cela aboutit. Avant d’en arriver là, la convention d’indivision et la médiation familiale évitent souvent l’escalade : voyez notre guide de l’indivision successorale et celui des successions bloquées.

L’attribution préférentielle

Un héritier peut demander que tel bien lui soit attribué en priorité dans son lot : c’est l’attribution préférentielle. Elle vise en particulier le logement qu’il occupait effectivement, l’exploitation agricole ou l’entreprise qu’il faisait fonctionner. Le conjoint survivant bénéficie d’une protection renforcée sur le logement de la famille. L’attribution ne dispense pas de l’égalité : celui qui l’obtient verse une soulte s’il dépasse sa part. Quand aucun héritier ne peut ou ne veut reprendre le bien, la vente devient la solution : notre guide vendre une maison en succession détaille les accords à réunir et les délais réels, et la plus-value sur un bien hérité explique ce qui sera imposé à la revente. Un conseiller peut chiffrer, avant l’acte, la soulte, les droits et le coût total du partage.

Vos questions les plus fréquentes

Le partage d’une succession est-il obligatoire ?
Non. Les héritiers peuvent rester en indivision aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Mais nul ne peut être contraint d’y demeurer : chacun peut provoquer le partage à tout moment (article 815 du Code civil). Le partage est donc un droit, pas une obligation.
Combien coûte un partage chez le notaire ?
Deux coûts s’additionnent : le droit de partage de 2,5 % de l’actif net partagé (article 746 du CGI) et les émoluments du notaire, dégressifs de 4,837 % à 0,998 %. Sur un actif de 400 000 €, cela représente 10 000 € de droit de partage et 5 386,78 € TTC d’émoluments, soit environ 15 400 €, hors débours.
Peut-on partager une succession sans notaire ?
Oui lorsque la succession ne comprend aucun bien immobilier et que tous les héritiers sont d’accord : le partage peut alors être purement verbal ou constaté par un écrit privé, et le droit de partage de 2,5 % n’est pas exigible faute d’acte soumis à la formalité. Dès qu’un immeuble est partagé, l’acte notarié est nécessaire pour être publié.
Qu’est-ce qu’une soulte dans une succession ?
C’est la somme que verse l’héritier qui reçoit un lot d’une valeur supérieure à sa part, au profit de ceux dont le lot est inférieur. Elle rétablit l’égalité entre les héritiers : celui qui garde la maison indemnise les autres en argent, sans que le bien ait à être vendu.
Que faire si un héritier refuse le partage ?
Le partage judiciaire est ouvert à tout indivisaire : le tribunal judiciaire est saisi, désigne un notaire pour préparer les opérations et tranche les désaccords. La procédure est plus longue et plus coûteuse qu’un partage amiable, mais elle aboutit toujours, puisque personne ne peut être contraint de rester dans l’indivision.
Qui peut obtenir la maison familiale ?
L’attribution préférentielle permet à un héritier d’obtenir dans son lot un bien plutôt qu’un autre, en particulier le logement qu’il occupait effectivement, à charge de verser une soulte s’il dépasse sa part. Le conjoint survivant bénéficie d’une attribution préférentielle renforcée sur le logement de la famille.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.