Beaucoup d’héritiers redoutent une double imposition : les droits de succession, puis l’impôt sur la plus-value à la revente. La règle est plus favorable qu’il n’y paraît. Le prix d’acquisition retenu pour calculer la plus-value est la valeur déclarée dans la déclaration de succession (art. 150 VB du CGI), et non le prix payé autrefois par le défunt : revendre au prix déclaré ne dégage donc aucune plus-value imposable. L’impôt ne frappe que la hausse constatée depuis le décès, au taux de 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avant abattements.

Comment se calcule la plus-value d’un bien hérité ?

La plus-value est la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition. Pour un bien reçu par succession, ce prix d’acquisition est la valeur portée dans la déclaration de succession, celle qui a servi de base aux droits. Cette valeur peut être majorée : selon la doctrine administrative, les droits de succession et les frais de notaire afférents au bien s’y ajoutent pour leur montant réel, au prorata de la valeur du bien dans l’actif, le forfait de 7,5 % étant réservé aux acquisitions à titre onéreux. La portée exacte de cette règle mérite d’être confirmée avec votre notaire, justificatifs à l’appui : elle peut réduire sensiblement la base imposable. Les travaux réalisés après le décès entrent également dans le calcul, sous les conditions habituelles des plus-values immobilières.

Quels abattements pour la durée de détention ?

L’abattement efface progressivement la plus-value, mais à des rythmes différents pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux. Rien ne s’applique pendant les cinq premières années ; ensuite, l’érosion commence.

Abattements pour durée de détention (art. 150 VC du CGI, 2026)
Période de détentionImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux
Jusqu’à la 5e année0 %0 %
De la 6e à la 21e année6 % par an1,65 % par an
22e année4 %1,60 %
De la 23e à la 30e annéeExonéré9 % par an
Au-delà de 30 ansExonéréExonéré

La durée se décompte à partir de la date d’acquisition, qui est celle de l’entrée du bien dans votre patrimoine, en pratique la date du décès. Ce point conditionne tout le calcul : faites-le confirmer par votre notaire avant de bâtir une stratégie de détention sur des années précises. Pour un bien hérité récemment, l’abattement est donc nul, et c’est bien la valeur déclarée qui protège le vendeur, pas le temps qui passe.

Un exemple chiffré

Une maison est déclarée pour 200 000 € dans la succession. Trois ans après le décès, les héritiers la vendent 240 000 € : la plus-value brute est de 40 000 €, sans abattement puisque la détention est inférieure à six ans.

Vente à 240 000 € d’un bien déclaré 200 000 €, selon la durée de détention
Durée de détentionBase impôt sur le revenuIR à 19 %Base prélèvements sociauxPS à 17,2 %Total
3 ans40 000 €7 600 €40 000 €6 880 €14 480 €
10 ans28 000 €5 320 €36 700 €6 312 €11 632 €

Le détail du second cas : dix ans de détention ouvrent cinq années d’abattement, soit 30 % pour l’impôt sur le revenu (40 000 € ramenés à 28 000 €) et 8,25 % pour les prélèvements sociaux (40 000 € ramenés à 36 700 €). Dans les deux cas, la plus-value imposable reste inférieure à 50 000 € : la surtaxe de 2 % à 6 % ne s’applique pas. Si les mêmes héritiers avaient vendu au prix déclaré de 200 000 €, ils n’auraient rien payé.

Quand la vente est-elle totalement exonérée ?

L’exonération la plus large vise la résidence principale du vendeur au jour de la vente. Attention au malentendu : il s’agit de la résidence principale de l’héritier, pas de celle du défunt. Un enfant qui s’installe dans la maison familiale et la revend ensuite en tant que résidence principale bénéficie de l’exonération ; un logement resté vide depuis le décès, non. L’abattement de 20 % sur la résidence principale du défunt, lui, joue au stade des droits de succession et non de la plus-value : c’est l’objet du guide abattement de résidence principale.

Pourquoi la valeur déclarée est la décision la plus importante

Elle sert deux fois, et dans deux sens opposés. Une valeur basse allège les droits de succession, mais elle augmente d’autant la plus-value taxable à la revente, imposée à 19 % plus 17,2 % : sur un bien vendu peu après le décès, l’économie du premier jour se paie très cher le second. Elle expose en outre à un redressement, l’administration disposant d’un délai de reprise pour rectifier une insuffisance d’évaluation. À l’inverse, une valeur excessive gonfle inutilement les droits. La bonne pratique tient en une phrase : déclarer la valeur vénale réelle, documentée par des comparables, comme l’explique estimer une maison dans une succession.

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Vos questions les plus fréquentes

Y a-t-il une plus-value quand on vend un bien hérité ?
Seulement si le prix de vente dépasse la valeur retenue dans la déclaration de succession. L’article 150 VB du CGI retient cette valeur déclarée comme prix d’acquisition : revendre au même prix ne dégage aucune plus-value imposable, et une vente à un prix inférieur ne crée aucune perte déductible.
Quel est le taux d’imposition d’une plus-value immobilière ?
La plus-value est soumise à 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et à 17,2 % de prélèvements sociaux, calculés sur des bases différentes car les abattements pour durée de détention ne sont pas les mêmes. Une surtaxe de 2 % à 6 % s’ajoute sur la fraction de plus-value imposable supérieure à 50 000 €.
Au bout de combien d’années n’y a-t-il plus d’impôt ?
L’exonération d’impôt sur le revenu est acquise après 22 ans de détention : l’abattement est de 6 % par an de la 6e à la 21e année, puis de 4 % la 22e année. Pour les prélèvements sociaux, l’exonération intervient après 30 ans : 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, 1,60 % la 22e année, puis 9 % par an de la 23e à la 30e année.
Les droits de succession payés peuvent-ils être déduits ?
Les droits de succession et les frais de notaire afférents au bien peuvent, selon la doctrine administrative, s’ajouter au prix d’acquisition pour leur montant réel, au prorata de la valeur du bien dans l’actif. Le forfait de 7,5 % ne concerne, lui, que les acquisitions à titre onéreux. La portée exacte de cette règle mérite d’être confirmée avec votre notaire, justificatifs à l’appui.
La résidence principale du défunt est-elle exonérée à la revente ?
Non par elle-même. L’exonération vise la résidence principale du vendeur au jour de la vente : elle joue si l’héritier a fait du bien hérité sa propre résidence principale, pas s’il s’agissait seulement de celle du défunt. Un logement laissé vacant après le décès est donc imposable sur sa plus-value.
Pourquoi ne faut-il pas sous-évaluer un bien dans la succession ?
Parce que la valeur déclarée sert deux fois : elle détermine les droits de succession, et elle devient le prix d’acquisition pour le calcul de la plus-value. Une valeur trop basse allège les droits de quelques centaines d’euros mais gonfle la plus-value taxable à 19 % plus 17,2 %, tout en exposant à un redressement.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.