Il n’existe pas de durée légale d’une succession. Ce que la loi impose, ce sont des échéances : la déclaration de succession et le paiement des droits dans les six mois du décès en France métropolitaine, douze mois lorsque le décès est survenu hors de France (article 641 du CGI) ; un délai de réflexion de quatre mois avant qu’un héritier puisse être contraint d’opter, puis deux mois s’il est sommé (articles 771 et 772 du Code civil). Tout le reste, de l’acte de notoriété au versement des fonds, dépend du dossier : méfiez-vous des durées présentées comme des règles.

Quelles sont les étapes, dans l’ordre ?

Le règlement d’une succession suit toujours la même séquence. Certaines étapes sont enfermées dans un délai, d’autres non : c’est cette différence qu’il faut avoir en tête pour savoir où l’on en est.

Étapes d’une succession et délais fixés par un texte
ÉtapeDélai prévu par un texte
Acte de notoriété établissant la qualité d’héritier (article 730-1 du Code civil)Aucun
Option des héritiers : accepter, accepter à concurrence de l’actif net, renoncer4 mois avant sommation, 2 mois après, 10 ans au plus
Inventaire, en cas d’acceptation à concurrence de l’actif net2 mois après la déclaration
Déclaration de succession et paiement des droits6 mois, ou 12 mois hors de France
Attestation de propriété immobilière et publication foncièreAucun
Partage des biens entre héritiersAucun
Contrôle possible de l’administrationJusqu’au 31 décembre de la 3ᵉ ou de la 6ᵉ année

Le dossier s’ouvre par l’acte de notoriété, qui identifie les héritiers et leurs droits ; il suppose de réunir les actes d’état civil, le livret de famille et l’interrogation du fichier des dispositions de dernières volontés. Son coût est détaillé dans notre guide sur le prix de l’acte de notoriété. Vient ensuite l’inventaire du patrimoine, indispensable pour évaluer les biens, puis la déclaration fiscale.

Pourquoi le délai de six mois est-il le vrai repère ?

Parce qu’il est le seul dont le dépassement coûte de l’argent. Les six mois ne sont pas le délai de règlement complet de la succession, mais celui du dépôt de la déclaration et du paiement des droits. Une succession peut parfaitement être déclarée dans les temps et partagée deux ans plus tard.

Au-delà de six mois, un intérêt de retard de 0,20 % par mois court dès le septième mois (article 1727 du CGI), et une majoration de 10 % s’ajoute à partir du treizième (article 1728). C’est pourquoi les notaires déposent la déclaration même lorsque le partage n’est pas réglé : les deux opérations sont indépendantes. Le détail figure dans nos guides sur la déclaration de succession et sur le délai de paiement des droits.

Quand les héritiers reçoivent-ils les fonds ?

Aucun texte ne fixe de délai de versement. Trois conditions doivent être réunies : la qualité d’héritier établie, les comptes du défunt débloqués, et les droits réglés. La banque bloque les comptes dont le défunt était seul titulaire dès qu’elle a connaissance du décès ; les comptes joints, eux, restent utilisables. En dessous de 5 965 € détenus par un établissement au 1er janvier 2026, les héritiers peuvent obtenir la clôture des comptes et le versement des sommes sur simple attestation signée de tous, sans notaire. Au-delà, l’acte de notoriété est exigé. Ce parcours est décrit dans débloquer les comptes bancaires d’une succession.

S’il y a un bien immobilier, le versement d’une somme suppose souvent d’en sortir : soit par la vente, soit par le partage. Tant que rien n’est décidé, les héritiers restent en indivision, ce qui n’est ni anormal ni limité dans le temps : voyez l’indivision entre héritiers et le partage de la succession.

Qu’est-ce qui allonge une succession ?

Quatre causes reviennent sans cesse. La première est l’héritier introuvable ou silencieux : la loi lui laisse quatre mois avant toute contrainte, et son droit d’option se prescrit par dix ans. Un cohéritier ou un créancier peut le sommer d’opter par acte extrajudiciaire, ce qui ouvre un délai de deux mois ; à défaut de réponse, il est réputé acceptant pur et simple. Notre guide renoncer à une succession détaille ce mécanisme.

La deuxième est le désaccord entre héritiers, généralement sur la valeur d’un bien ou sur le sort de la maison familiale : le partage amiable devient alors judiciaire, et l’horizon s’éloigne. La troisième est la vente d’un bien dont dépend le règlement : le marché impose son rythme, indifférent au délai fiscal. La quatrième est l’élément d’extranéité : un bien ou une résidence à l’étranger fait entrer le dossier dans le champ du règlement européen sur les successions internationales et allonge le délai de déclaration à douze mois. Voyez succession internationale et, quand plus rien n’avance, succession bloquée : que faire.

Ce qui se maîtrise, en revanche, c’est le coût : le tarif du notaire est réglementé et connu à l’avance, comme l’explique le pilier frais de notaire d’une succession, et les droits se chiffrent dès les premières semaines avec notre simulateur. Savoir tôt ce que l’on devra payer évite précisément les décisions prises dans l’urgence du sixième mois.

Vos questions les plus fréquentes

Combien de temps dure une succession ?
La loi ne fixe pas de durée totale. Elle fixe des échéances : la déclaration de succession et le paiement des droits sont dus dans les six mois du décès en France métropolitaine, douze mois si le décès est survenu hors de France (article 641 du CGI). Un héritier ne peut être contraint d’opter avant quatre mois (article 771 du Code civil) et son droit d’option se prescrit par dix ans. Entre ces bornes, la durée réelle dépend du nombre d’héritiers, de la présence d’un bien immobilier et de l’entente familiale.
Combien de temps après le décès reçoit-on l’argent de la succession ?
Aucun texte ne fixe de délai de versement aux héritiers. Les fonds sont libérés une fois la qualité d’héritier établie, les comptes débloqués et les droits réglés. En dessous de 5 965 € détenus par un établissement au 1er janvier 2026, la banque peut clôturer les comptes et verser les sommes sur simple attestation signée de tous les héritiers, sans notaire.
Une succession peut-elle dépasser six mois ?
Oui, et c’est fréquent lorsqu’un bien doit être vendu ou qu’un héritier est difficile à joindre. Le délai de six mois n’est pas celui du règlement complet de la succession : c’est celui du dépôt de la déclaration et du paiement des droits. Le dépasser déclenche un intérêt de retard de 0,20 % par mois dès le septième mois, puis une majoration de 10 % à partir du treizième.
Combien de temps un héritier a-t-il pour accepter ou renoncer ?
Il ne peut être contraint d’opter avant quatre mois à compter de l’ouverture de la succession. Passé ce délai, un créancier, un cohéritier, un héritier de rang subséquent ou l’État peut le sommer d’opter : il dispose alors de deux mois. À défaut de décision, il est réputé acceptant pur et simple. En l’absence de sommation, le droit d’option se prescrit par dix ans (articles 771, 772, 780 et 781 du Code civil).
Qu’est-ce qui allonge le plus une succession ?
Quatre causes reviennent constamment : un héritier introuvable ou qui ne répond pas, un désaccord entre héritiers sur la valeur ou le partage d’un bien, la vente d’un bien immobilier qui conditionne le règlement, et un élément d’extranéité, c’est-à-dire un bien ou une résidence à l’étranger.

Sources et textes officiels

Informations à jour au 9 septembre 2026, fournies à titre général. Elles ne remplacent pas l’analyse personnalisée d’un notaire, d’un avocat ou d’un conseiller en gestion de patrimoine.